13 romans et 13 essais féministes à lire absolument

Des romans et des essais féministes, on peut dire que j'en ai lus un paquet dans ma carrière de jeune féminazie en colère contre le pauvre patriarcat [insert sarcasm here]. Voici un best-of des titres à mettre dans les wishlists de vos potes féministes, et surtout de ceux qui ne le sont pas. Bonne lecture !


13 romans et 13 essais féministes à lire

#1 LE DEUXIÈME SEXE, simone de beauvoir


DE QUOI ÇA PARLE Simone, c'est quand même la base de la base du féminisme. S'il fallait commencer quelque part, ce serait définitivement ici.


Dans son essai, elle s'attaque (notamment) au statut de la femme, être "relatif", défini à partir de l'homme. La femme, c'est "l'autre", c'est la négation, celle à qui il manque le bon chromosome, le phallus cher à Freud ou tout bonnement la chance de naître du bon côté.


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#2 La révolution féministe, Aurore Koechlin


DE QUOI ÇA PARLE Du féminisme d'aujourd'hui, celui des Femens et de #MeToo, celui qui se bat contre les féminicides, contre l'oppression des femmes, contre les inégalités de genre que le capitalisme a consolidé. Ça reprend les bases du féminisme avec un cour d'histoire qui pourait être rasoir si Aurore Koechlin n'avait pas l'intelligence d'en analyser les temps forts et les fails politiques et sociétaux. Un poil extrême dans sa vision, mais intéressant quand même.


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#3 L’art du féminisme, Lucinda Gosling & Hilary Robinson


DE QUOI ÇA PARLEC'est un beau livre, du genre livre d'art que tu peux laisser traîner sur la table de ton salon quand tu as des invités, qui retrace l'histoire de féminisme jusqu'à aujourd'hui (ou presque), en mettant en avant ses icônes, de Niki de Saint Phalle à Beyoncé. Son petit plus distinctif : c'est un historique par l'image. Ou plutôt, c'est la façon dont le féminisme s'est approprié l'image pour avancer. Passionnant !


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#4 bad feminist, roxane gay


DE QUOI ÇA PARLE De Roxane Gay, icône américaine du féminisme. Bad Feminist est un recueil d'articles que la journaliste a publié dans la presse, et qui s'attachent à décomplexer les féministes-mais-pas-totalement en démontant les exigences du féminisme d'aujourd'hui d'un point de vue très personnel. Pourquoi est-il si difficile de se sentir à la hauteur de la "parfaite petite féministe" ? Est-ce qu'aimer "Blurred Lines" fait vraiment de nous une mauvaise féministe ? Pour aller plus loin, l'essai aborde de nombreux thèmes comme les violences, la représentation des femmes, et particulièrement des femmes noires à la télévision, et plus largement l'image des femmes dans la société. C'est passionnant, mais ça s'égare quelques fois.


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#5 beauté fatale, mona chollet


DE QUOI ÇA PARLE Celui-là aussi, c'est un des textes de références du féminisme. Mona Chollet y décortique la presse féminine, les discours publicitaires, les blogs, les séries télévisées, les témoignages de mannequins et les enquêtes sociologiques pour montrer comment les industries de la mode et de la beauté travaillent à maintenir la logique sexiste sous un prétendu culte de la beauté via le matraquage de normes inatteignables.

Hyper intéressant, mais hyper universitaire.


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#6 jouir, Sarah BARMAK


DE QUOI ÇA PARLEDe sexe, duh ! Jouir, c'est une quête de l'orgasme féminin, et surtout une analyse des causes de nos difficultés à l'atteindre. Plus d'une femme sur deux admet être insatisfaite, et toutes les femmes (ou presque) ont déjà simulé (qu'elle l'avouent ou non). Quand on se sent obligée de mentir pour "être tranquille", est-ce que ça n'en dit finalement pas plus long sur notre culture du sexe que sur notre corps ou notre mental ?


Ce que j'aime dans cet essai, c'est sa construction à la Sex & the City. Quelque part, çan me rappelle les premiers épisodes de la série où Carrie Bradshaw interviewait des New-Yorkais sur leur vision de l'amour et du sexe, y mêlait ses propres anecdotes et débouchait sur une analyse des relations hommes-femmes.


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#7 sorcières, mona chollet


DE QUOI ÇA PARLE Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les "sorcières" sont partout. Mona Chollet s'empare de cette figure pré-féministe, forte, rebelle et mystique pour raconter sa génèse et ce qu'il en reste aujourd'hui.


S'il est plus facile d'accès que Beauté fatale, il reste bien universitaire.


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#8 king kong théorie, virginie despentes


DE QUOI ÇA PARLE De comment Virginie Despentes, jeune adolescente, est devenue Virginie Despentes, la plus badass des féministes. King kong théorie, c'est un réquisitoire énervé contre la façon dont la société fabrique et entretien les femmes comme des victimes en permanence. L'auteure conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution et la pornographie au travers de sa propre histoire.


Personnellement, c'était mon premier contact avec le féminisme, et il a complètement changé ma façon de voir et de vivre ma vie..


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#9 sex & the series, iris brey


DE QUOI ÇA PARLE De la façon dont les séries révèlent le sexisme culturelle à l'occidental. Pour en savoir plus : chronique et premières pages au bout du lien.


« Shonda Rhimes, la créatrice de Grey’s Anatomy, se bat avec la FCC depuis 14 ans pour pouvoir parler d’anatomie féminine. Mais prononcer le mot vagin, ne serait-ce que dans une scène d’accouchement, demeure impossible. Dans la saison 2, lorsque le médecin Miranda Bailey demande à l’un de ses internes d’arrêter de regarder son vagin alors qu’elle est en train de pousser pour accoucher, elle prononce le mot « vajayjay » au lieu de « vagina ». Lorsqu’Oprah Winfrey a demandé à Shonda Rhimes comment ce terme a été créé, la showrunneuse lui a répondu qu’elle s’était battue pour garder le mot « vagin » à l’antenne, mais qu’elle a dû inventer un autre terme à cause de la censure. Elle a également souligné que, dans un même épisode, le mot « penis » a été utilisé 17 fois sans que personne n’y trouve à redire. En revanche, le mot « vagin » a été censuré par la FCC qui a décrété que ce terme, dans ce contexte, était indécent. »


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#10 le regard féminin, iris brey


DE QUOI ÇA PARLE De la théorie d'Iris Brey sur le regard féminin, ou female gaze : une façon de filmer les femmes sans en faire des objets, de partager la singularité des expériences féminines avec tous les spectateurs, quel que soit leur genre, et renouveler notre manière de désirer en regardant sans voyeurisme.


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#11 je ne suis pas parisienne, Alice Pfeiffer


DE QUOI ÇA PARLE De « l’icône de la french woman », et plus particulièrement la Parisienne, enviée dans le monde entier pour sa perfection irréelle. Promue par la presse féminine, la politique, la publicité et maintenant par les réseaux sociaux pétris de profils s’étant appropriés ce mythe d’une femme idéale, la figure de la parisienne révèle en creux une norme écrasante, sexiste et discriminatoire créée par la société française.


Un must-read absolu pour réfléchir à sa façon se penser les femmes aujourd’hui.

Pour en savoir plus : chronique et premières pages au bout du lien


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#12 Pas dans le cul aujourd'hui, Jana Çerna

DE QUOI ÇA PARLE D'un texte avant-gardiste et philosophique sur l'égalité des sexe dans le quotidien, et particulièrement dans les relations hommes-femmes. C'est une lettre d’amour et de liberté, stupéfiante de spontanéité et de modernité, où l'auteure s’adresse à son amant qui, lors de son enterrement, déclamera : « On l’enterre en ce moment et moi je suis si loin, assis dans une ville glacée où personne ne sait qu’elle a été ce que l’homme peut atteindre de plus grand. »


Pour en savoir plus : chronique au bout du lien


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