89 Mois - Caroline Michel

A cette époque-là, je pensais que la vie se déroulerait simplement : je rencontrerais un homme à vingt ans, peut-être vingt-deux, on tomberait amoureux et on ferait gentiment les choses dans l’ordre. Nos premiers rendez-vous, nos premiers jobs, des soirées entre amis, des dimanches interminables en famille, la décision de vivre ensemble, et un matin celle de faire un bébé. Je me voyais déjà laisser un post-it sur sa lampe de chevet : je suis enceinte. Lui qui rentre le soir, me soulève, sabre le champagne, dit ah bah non, tu ne peux pas voir de champagne. Des larmes dans ses yeux et ses mains qui relèvent mon tee-shirt, hâtives, pour sentir, tâter, palper. Une somme de clichés que j’attendais de pied ferme. […] J’en ai croisé des regards, j’en ai fait des rencontres. Mais rien ne s’est jamais construit comme je l’imaginais.

Caroline Michel, on était déjà fan de son blog, By Ovary. Un recueil en ligne de bouts de textes qui deviennent des bouts de vie, des instants parfois tragiques, souvent marquants, toujours jolis. Ses mots ont la délicatesse de s’assembler à merveille pour toucher juste, pile là où il faut, pour disséquer nos habitudes et nos amours. Parce que si Caroline Michel parle de ce et de ceux qu’elle connaît, tout ce qu’elle écrit nous parle. Du flirt aux ruptures, la beauté de son exactitude laisse entrevoir un humour toujours fin, cathartique. 89 mois est son premier roman, et il ne nous déçoit pas.


Cette fois-ci c’est autour de Jeanne que s’orchestre l’opéra Michel. La trentaine, elle se fait larguer pile au moment où le désir ardent d’un enfant la prend. Rencontrer quelqu’un, aimer, construire, faire un bébé (s’il ne part pas avant), et après ? Quelles sont les chances que le papa ne la quitte pas ? Minces. Le couple, elle a fait une croix dessus. Ce qu’elle cherche, c’est un géniteur.


« Nous sommes le 28 août, il est trois heures du matin, c’est la Sainte-Augustine. Ce prénom t’ira bien. Une chance que je n’aie pas pris ma décision hier, tu te serais appelée Monique. »

Caroline Michel tisse autour de Jeanne une épopée de mœurs qui se bousculent, entre la bien-pensance de sa meilleure amie psychorigide et l’aide déjantée d’une collègue aussi vrillée que son plan : provoquer des rencontres, coucher avec des hommes, surveiller son cycle, éviter son ex, lever les jambes après chaque rapport (au cas où).


Si la thématique du désir d’enfant déborde de la première à la dernière ligne de ce roman cocasse, l’écriture gracieuse de Caroline Michel sublime tout ce qui l’entoure : les déceptions amoureuses, le cœur qui bat la chamade, les attentes déceptives, cette mauvaise manie de la comparaison, les succès de nos amis qui nous ramènent immanquablement à nos échecs. La vie qui passe, rarement comme on l’avait prévue. Un roman qui force l’amour et l’identification d’un bout à l’autre. Vous êtes prévenus : une fois dans vos mains, vous ne le lâcherez pas. (Préludes)

en collaboration avec...

P.O.L.

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