Au Feu, Gilda ! - Géraldine Barbe

« Gilda a compris le message. Aucun doute, l’homme l’ignore, il ne l’aime pas du tout. Il s’en fout complètement. Y aurait-il quelque chose à comprendre qu’elle n’aurait pas compris ? L’homme et son bonnet seraient-ils les instruments de sa perte, voire, les instigateurs ? Un complot serait-il ourdi contre elle ? En vérité, en plus d’insupportable, tout cela devient ridicule, d’autant que le manque de participation du héros principal remet gravement en question l’écriture de son histoire d’amour. Et pourtant, elle n’abandonne pas. Il est évident que Gilda est prête à se sacrifier totalement sur l’autel de la littérature. Si ce n’était pathétique, ce serait beau. 

Résumé : Gilda s’embourbe. Suggestion de titre : L’Autel, Gilda. »

40 ans, fraîchement divorcée et au chômage : ça, c’est le verre à moitié vide. Mais du haut de cette héroïne loufoque qui ne voit que ce qu’elle veut voir, le verre est toujours plein à ras bord. Gilda se lance ainsi dans un projet de roman pour contenter Claire, sa conseillère Pôle-Emploi aussi psychorigide que Gilda est truculente, et pour relancer sa carrière en berne. Insupportable et névrosée, l’héroïne qui se sacrifie sur l’autel de la littérature pour sauver sa maison d’édition par son talent nous séduit sans cesse par son ingénuité un peu faussée, par sa fixation sur l’Homme au bonnet, par ce qu’elle retombe dans les clichés affabulateur des jeunes filles en fleur – mignon à l’adolescence, rapidement pathétique passé l’âge adulte.


Le roman pourrait être mauvais par bien des aspects, et pourtant, il se démarque par sa construction judicieuse et fantasque. Les récits s’enchâssent très rapidement et s’enchaînent : l’auteur écrit Gilda, une héroïne au chômage qui se lance un l’écriture pour pallier la « pénurie d’auteurs de talents », et qui choisit, comme fil conducteur de son roman, Gilda, une héroïne au chômage écrivant un roman. Une sorte de méta-littérature très réussie, sans cesse entrecoupée d’objections de Géraldine Barbe elle-même, puis de Gilda l’héroïne romancière, dans des dialogues hilarants avec Philomène, vieille éditrice à la retraite qui se charge de relire et de suivre les essais désastreux de Gilda.


Un humour qui s’instille jusque dans le cliché remarquablement construit de l’homme fantasme, dit « L’Homme au bonnet », un papa croisé régulièrement à la sortie de l’école. Une idylle naît aussitôt dans la tête de Gilda (mais pas vraiment dans la réalité), qui chante, s’enchante et déchante très vite, puis se console dans les tribulations d’une vie miséreuse qu’elle colore de champagne et de soirées mondaines. Drôlatique, intelligent, rapide : Au feu, Gilda ! est une bouffée d’air frais, dans la même veine que Bridget Jones si elle avait avalé une bouteille d’optimisme. (Rouergue)

en collaboration avec...

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