Bookstagram & le syndrome du Fomo littéraire

Lire, c’est ma passion. Depuis toute petite, le nez plongé dans un bouquin acheté à 16h, terminé à 21h. Partager mes lectures, c’est un hobby. Sur mon blog depuis un an, sur Instagram depuis 2, et partout ailleurs depuis biennn plus longtemps. Forcément, au rythme d’une ou deux chroniques par semaine, je lis beaucoup. Quatre ou cinq romans par mois quand les journées sont longues et que mes yeux voient flou à 20h, une petite dizaine quand je ne tombe que sur des pépites que je dévore en un ou deux jours, peu importe l’heure ou l’apocalypse derrière la porte.


Et malgré ça, j’ai cette impression persistante de ne pas lire assez.


Dans ma PAL à rallonge


Il faut dire que, déjà, j’ai une PAL à rallonge - du genre que tu n’oses plus compter, que tu ne regardes que d’un œil tellement elle te semble un Everest à gravir. Mais que tu continues de renflouer régulièrement avec des services presse que tu brûles d’envie de lire et des pépites dégotées en librairie ou ailleurs que tu es o-bli-gée d’acheter malgré ton appart qui déborde tellement de livres que tu ne sais plus où les mettre.


Cette PAL, je ne sais même plus si je l’aime ou si je la déteste, à la fois caverne d’Ali Baba remplie de trésors que j’avais oubliés tellement ils y dorment depuis des siècles, et en même temps tellement étendue que je ne sais plus par quel bout la prendre.


L’achat compulsif de livres nuit gravement à la vie sociale


Qu’est-ce qui me pousse à rentrer dans une librairie alors que j’ai déjà 13 livres à côté de mon lit de vacances ? Il y a Bookstagram, déjà. Chaque nouveau post, chaque nouvelle story fait grossir ma wishlist de pépites qui n’avaient pas trouvé grâce ou signe de vie à mes yeux.


Les critiques enflammées d’un roman qui est passé sous mon radar et qui correspond pile parfaitement à mes goûts ? Je ne peux pas m’en empêcher : parfois, je contacte la maison d’édition, si on a de bonnes relations ou que je suis parfaitement fauchée. Souvent, je craque, je clique et je scrute ma boîte aux lettres tous les jours. Souvent, je les dévore dans la semaine : l’envie qu’a attisé l’attente leur permet de griller la priorité à tous les autres qui patientent sagement.


La course à la lecture


Et puis - comme dans tous les réseaux sociaux - il y a la face sombre de Bookstagram. Celle des bios qui affichent le nombre de leur lectures, qui ont déjà 38 romans à leur actif le 2 janvier et qui te font te sentir un peu comme une merde analphabète. Celle qui te fait accumuler les envies littéraires et qui te pousse insidieusement à la consommation de mots. Et aussi celle qui décrie ton rythme d’escargot qui lui paraît effréné en se targuant, elle, de savourer ses lectures, contrairement à toi qui lit à la limite de l’industriel.


Dans ce tourbillon de jugements peut-être un peu trop abusifs, parfois je m’en fous, et ça va, et puis parfois, les mauvais jours, quand mon métro a du retard, quand il fait trop chaud ou quand je n’ai plus plus de café, bref, quand on arrive dans ce genre de jour-là où tout t’agace et où le moindre truc t’abat, ça m’atteint.


FOMO littéraire


Et c’est sans compter sur le reste : Goodreads, Babelio, Gleeph et les autres, toutes ces applis qui te permettent de répertorier tes lectures et de quantifier ta barre de progression en permanence... Tout en t’envoyant régulièrement celle de cette copine hyper assidue, au cas où tu l’aurais loupée. Ce roman que t’as envie de lire depuis des années ? Elle l’a lu. Celui qui vient de sortir, là ? Elle l’a lu. Ceux de la rentrée littéraire ? Elle les a lus. Elle semble avoir tout lu - et ça te ferait probablement te sentir un peu mieux si seulement elle n’avait pas de job ni de vie sociale et que lire était sa seule activité, mais même pas.


Au-delà de cette pression de la performance que les réseaux semblent imposer et qui me touche de temps à autres, au-delà de ces fantastiques romans que je ne pourrai pas lire parce le soir, j’ai plutôt tendance à allumer Netflix qu’à ouvrir la bouquin du moment, je finis par me dire qu’on est toujours la-relou-qui-lit-trop-et-qui-nous-culpabilise-sans-le-vouloir d’un autre.

en collaboration avec...

P.O.L.

plon

PRÉLUDES

presses de la cité

RIVAGES

robert laffont

stock

VERTICALES

ZULMA

  • Black Instagram Icon
  • Black Twitter Icon
  • Black Pinterest Icon
  • Mails

©LolliothEque2018 / Tous droits réservés

Powered by HARD WoRK ONLY