Cher Bookstagram...

Cher Bookstagram,


On vient de passer une sacrée année, quand même. Une année faite de rythmes lents et d'enfermement, de hauts et de bas, d'omni-écrans et, pour beaucoup, et aussi pour moi, d'une volonté de s'éloigner un peu, de reconnecter à ce qu'on appelle "la vraie vie", celle des vraies interactions, sans like et sans scroll.





Ma quête d'indépendance & de créativité


Etonnamment, le confinement m'a aidé à me réapproprier mon temps. Le temps de prendre un café et un livre, et de retourner au lit les samedis ou les dimanches matins - ou même les deux. Le temps d'imaginer des projets qui sortent de ma zone de confort, le temps de m'essayer aux lives, à la radio et aux chroniques audio, et d'adorer ça, et même le temps de faire mille autres projets que je n'ai jamais eu le temps de creuser encore.


J'ai adoré pousser les limites de ma créativité, apprendre à redesigner mon logo à la main (merci Procreate), continuer les gifs et le stop motion, apprendre le montage vidéo et l'art des transitions.


J'ai aussi appris à naviguer au travers des algorithmes et des personnalités, appris que je n'avais que le feed que je méritais. Que les comptes qui m'hérissaient le poil, prônaient des valeurs qui ne me correspondaient plus, créaient du contenu qui m'agaçait par leur mimétisme ou par leur recherche de viralité n'étaient pas une fatalité, et que l'unfollow n'était pas un gros mot.


Surtout, je ne me suis jamais sentie aussi bien sur bookstagram, aussi sereine et autant dans le partage avec vous. J'adore que cette crise m'ait poussée à ralentir le rythme, à replacer l'échange au coeur de ce réseau qui a tendance à le déshumaniser. J'adore être capable de décrocher 3 semaines sans me sentir comme une junkie en sevrage, j'adore ces projets qui se profilent, ces partenaires qui me laissent carte blanche et qui me suivent dans des concepts dont je ne suis pas trop sûre de ce qu'ils donneront.


J'adore avoir le sentiment d'avoir "gagné" mon indépendance - d'être hermétique aux éditeurs froissés, aux propositions financières qui ne laissent aucune place à ma personnalité, de contrôler les SP que je reçois et d'avoir trouvé un équilibre qui me convient entre ce que j'achète et ce que l'on m'offre.


Ce que j'ai appris


2020, ça a aussi été l'année où je me suis rendue compte que la taille délirante de ma PAL me posait problème. Trop de SP, trop d'envies de lecture, pas assez de temps pour lire et encore moins pour chroniquer - c'est frustrant. 50 romans qui m'ont titillée pour la rentrée littéraire - il m'aurait fallu 6 mois, à raison de 2 chroniques par semaine, pour en venir à bout. (Il m'a d'ailleurs fallu quasi 6 mois pour faire un bilan de cette rentrée 2020, pour trouver le format qui me corresponde, ça en dit long.)


Surtout, trop de lectures que j'oublie à la minute où je ferme le livre, trop de déceptions, trop de romans dans lesquels je n'arrive pas à rentrer, qui m'ont poussée à m'interroger sur la nécessité de mieux choisir mes lectures & mes SP, d'être plus exigeante, de savoir dire non, quitte à vexer, d'oser envoyer le mail qui dit "merci de m'envoyer vos nouveautés, mais svp, laissez-moi le choix de les recevoir ou pas".


J'ai envie que 2021 soit plus responsable. Qu'elle laisse plus de place aux craquages en librairie, aux recommandations des copains et à mes envies. J'ai envie de diminuer cette PAL qui n'en finit plus, d'aller taper dans de vieux SP défraîchis qui attendent d'être dépoussiérés depuis deux ans. C'est pour ça, notamment, que mes lectures de la rentrée d'hiver seront peu nombreuses. (bon, je dis ça, mais je viens de commander 10 livres qui me faisaient envie depuis des siècles... Pas si facile de ralentir ma consommation de livres !)


J'ai envie de faire plus d'audio aussi, peut-être un podcast - mais pas comme un podcast - d'assumer le face cam et d'arrêter de mettre 6 mois à monter un Fast&Curious. le dernier en date, tourné début octobre, et toujours dans mon Premiere Rush - quelle frustration. D'aller au bout de mes projets.


Et puisqu'on parle de responsabilité et d'aller au bout de ses projets, j'ai aussi envie de dire qu'en 2020, j'ai arrêté de travailler avec La Bande. Enfin, "travailler" est un grand mot - j'ai arrêté de répondre à leur mails et de demander des SP. Je préfère acheter un Zulma qui me tente plutôt que de soutenir une