Comme elle l'imagine, Stéphanie Dupays


Comme elle l'imagine, c'est une histoire d'amour comme on ne peut en vivre qu'aujourd'hui - une histoire d'amour qui commence par un message Facebook, qui passe par des discussions sans fin à toute heure du jour ou de la nuit, des attentes indisciplinées, des déceptions et des tâtonnements à la première rencontre. C'est Laure qui rencontre Vincent, et qui se projette (un peu trop ?) dans une relation qui n'est pas encore née. Un roman délicat et juste qui ausculte le genre d'histoires d'amour qu'on a tous•tes vécues à l'heure du virtuel et leur capacité à s'ancrer (ou non) dans le réel... Mais qui flanche par son accumulation de clichés complètement ringards.


Roman(ce) moderne


Un commentaire, quelques messages privés, deux ou trois séances de stalkage en bonne et due forme... Laure, la petite trentaine, tombe amoureuse de Vincent sur Facebook. Très vite, le duo passe de Messenger aux SMS, et Laure devient accro à Vincent - du moins, au Vincent qu'elle s'invente à travers ses missives, ses likes, ses habitudes ou ses heures de connexion.

Vincent est célibataire, mais pas vraiment disponible - au détour d'une conversation, il lui avoue ne plus jamais vouloir tomber amoureux - un coup au coeur pour Laure, qui commence à vriller sévère.


Très vite, l'incertitude et l'ambiguïté virent à l'obsession. L’imagination débordante de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s’inquiète, s’agace, elle voit des signes partout et lui prête des attentions qu'il n'a pas. Jalouse, irritée, prête à lui en vouloir pour un rien, elle franchit la ligne de la honte lorsqu'il ne lui répond pas le temps d'une journée et qu'elle se lance dans un harcèlement hystérique, oscillant entre "je te hais, je voudrais ne t'avoir jamais connu" à "je t'aime, réponds moi".


"Laure avait des mots d’amour mais pas les preuves : Vincent n’évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible."

Quand une rencontre réelle finit par se profiler, Laure est fébrile : est-ce le début d’une histoire d’amour ou bien une illusion qui se brise ?

Subtile analyste du sentiment amoureux, le roman interroge notre époque et les nouvelles manières d’aimer, des atermoiements du virtuel à l’hystérie provoquée par un écran. Si l’issue paraît évidente, c’est le cheminement du récit qui fait tout l’intérêt du roman.


Un roman bourré de clichés


Malgré la contemporanéité du roman, impossible de lui nier un sacré lot de clichés ultra classiques qui brident forcément la lecture.


Laure, professeur d'université à la Sorbonne, spécialiste de Flaubert, est l'archétype du genre : romantique, mélancolique, désespérément seule, avec une aversion pour tout ce qui est trop moderne - on imagine presque le chignon trop serré, le chat et le chandail gris.

Vincent, réalisateur de documentaires, ancien journaliste au Monde, est le cliché le plus éculé du bobo parisien éco-responsable qui s'est exilé en province.


Ensemble, ils étalent leur culture comme de la confiture sur une biscotte : pas une seule page ne nous épargne une référence littéraire ou cinématographique ronflante. Dans un décor digital, la contemporanéité se prend un mur de snobisme dans la gueule à coup de grands noms presque tous décédés et de commentaires un peu vaniteux dès que l'on aborde une oeuvre plus populaire - comme si, finalement, tout ce qui n'était pas au Panthéon était indigne de la culture. En 2019, ce genre de discours est non seulement indigeste, mais franchement dépassé - et davantage encore dans un récit qui se voulait si innovant.


Tu peux lire les premières pages du roman juste ici !


en collaboration avec...

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