Correspondance indiscrète - Dominique Fernandez, Arthur Dreyfus

« Toi, il me semble (dis-moi si je me trompe) que plus un de tes désirs est fugace, moins tu lui résistes. L’incertain, le momentané, l’éphémère t’attirent ; moi il me faut du solide, une promesse de durable. Tu cours après ce qui passe ; je m’informe avant de m’aventurer. Tu saisis au vol la chance ; le présent ne me tente que s’il a un avenir. Tu lorgnes un Sacha au comptoir d’un café ; il faut que je m’attable avec lui et que nous échangions autre chose que des regards de peau. Sans lendemain, point d’aujourd’hui. »


Peut-on tout dire en littérature ?


Au lycée, un de mes professeurs de français était particulièrement tordu. Son jeu favori consistait à se confondre en excuse, à nous prier de bien vouloir transmettre toutes ses excuses à nos parents pour le contenu érotique de certains passages du roman souvent indigeste qu’il nous infligeait. De quoi être sûr que toute la classe aurait lu et détesté Rousseau dès le cours suivant. Correspondance Indiscrète, c’est d’abord cela : un titre déceptif qui attise le voyeurisme du lecteur, un titre vendeur dirait-on même peut-être. Quand on lit Correspondance Indiscrète, on pense sexe. Et à juste titre.


Correspondance Indiscrète écosse les habitudes sexuelles et amoureuses de notre siècle, de Tinder à l’Enfer de Dante en passant par les coups d’un soir, Adopteunmec, les plaisirs solitaires ou l’homophobie châtiée des milieux littéraires. Saga épistolaire entre deux grands noms de la littérature, Dominique Fernandez et Arthur Dreyfus, que cinquante-sept ans séparent, cette Correspondance conte avant tout une époque — la nôtre — et les mœurs qui la dominent, au travers d’un corpus culturel stratosphérique que les deux hommes de lettres mettent à notre portée. De Genet à Nymphomaniac, deux pensées se provoquent, s’entrechoquent, se contredisent pour interroger la place du sexe dans la littérature, dans la société et dans nos vies : doit-on tout dire ?


« On a donc décrété ici qu’un sexe en érection réduirait le film à un public confidentiel tandis que le même film sans sexe en érection élargirait ce dernier. Et un bain de sang alors ? Une séance de torture ? Une tuerie ? Ca fait quoi ? Ca élargit le public ou ça le réduit ? Un sexe masculin, ça reste toujours moins traumatisant qu’un coup de couteau. Une bite, ça se caresse, ça se prend en main et ça se prend en bouche, ça permet même de faire des enfants si on en a envie. Je ne vois pas en quoi ce bel engin reléguerait le film dans un ‘ghetto’ ».


Dominique Fernandez et Arthur Dreyfus disent justement tout, dans un art de la digression immodérée dont la profusion nous offre une lecture réflexive de nos mœurs et de notre sexualité, bien autant que de notre littérature. « C’est notre travail d’écrivain, cher Arthur : disons tout pourvu que nous le disions bien. » (Grasset)

en collaboration avec...

P.O.L.

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