Ici, les femmes ne rêvent pas - Rana Ahmad


Il y a des livres qui mettent des trémolos sur la peau, des larmes dans les yeux, des frissons sur les bras et un soulèvement de révolte dans le coeur. Ici, les femmes ne rêvent pas est l'un d'entre eux : le témoignage poignant, déchirant, de Rana Ahmad, héroïne des temps modernes qui a fui l'Arabie Saoudite, et qui raconte sans filtre la vie qu'elle y a laissé.



D'après une histoire vraie


La liberté est une jeune fille sur un vélo.


Cette liberté là, c'est ce à quoi Rana doit renoncer, à tout juste dix ans - l'âge auquel elle n'a plus le droit d'être une enfant, l'âge auquel ses courbes féminines doivent être cachées pour ne pas exciter le désir des hommes, pour être une bonne musulmane, pour trouver un mari. C'est la première fois qu'elle comprend que les filles n'ont pas les mêmes droits que les garçons. Que, toute sa vie durant, elle ne pourra que faire la cuisine, le ménage ou la prière. Qu'elle dépendra toujours de l'autorisation d'un homme - son frère, son père ou son époux.


Mais Rana est différente. Rana veut de l'amour, de l'aventure, des sciences. Renoncer à ce Dieu auquel elle croit de moins en moins. Un shoot de liberté - de faire et de penser. Dans cette Arabie Saoudite des années 2000, elle dresse un portrait impitoyable d'un pays dictatorial où les hommes martyrisent et emprisonnent les femmes, où la frustration sexuelle fabrique des obsédés, des hypocrites et des incestes qui transforment les hommes en ennemis de leurs propres sœurs, filles ou épouses.


Les agressions et les violences quotidiennes donnent aux femmes l’envie de s'échapper. Très peu réalisent ce rêve fou. Rana sera l’une d’elles et décrit, avec une douce innocente, l'implacable violence du monde qu'elle fuit.


L'Arabie Saoudite et les femmes


J'aurais presque préféré que ce soit un roman. Que ses yeux ne s'emplissent pas de larmes quand une personne du public lui a demandé si, peut-être, un jour, elle pensait que sa relation avec sa mère pourrait s'améliorer. J'aurais préféré que ce récit reste fictionnel, abstrait, mis en scène. Mais ce que livre Rana Ahmad dans ces 291 pages, ce n'est pas une histoire, c'est un bout de son Histoire. Un témoignage saisissant, émouvant, bouleversant. Ce ne sont pas des personnages, ce sont ses proches. Ce ne sont pas des scènes, mais des souvenirs, accompagnés d'une analyse fine, pertinente et sans haine de son pays qui bafoue ses filles et ses femmes, les humilie, les abrutit, les enferme dans des croyances divines pour mieux leur imposer des lois archaïques.


Ce que raconte Rana Ahmad dans ce livre, c'est une réalité qui, pour la première fois, pose des images sur des fantasmes. C'est de l'inceste de la part de ses oncles, des tentatives de meurtre de la part de son frère, le carcan qu'était son mariage. C'est sa mère qui tente par tous les moyens de la ramener dans le droit chemin - celui de la religion, celui de la soumission. C'est les femmes de sa vie qui l'assassinent presque autant que les hommes, pas avec leur pouvoir, mais avec leur jugement, leur capacité à avoir tant intégré la soumission qu'elle est devenue une seconde nature. C'est une culture malade de s'interdire le sexe, qui voile ses femmes pour mieux les violer, qui les viole pour mieux les contrôler, qui les contrôle pour mieux s'absoudre. C'est un pays qui donne finalement le droit de conduire aux femmes, mais qui laisse le soin aux hommes de leur en donner l'autorisation réelle.


Une patrie féminicide, un destin hors du commun.

Un témoignage bouleversant, à découvrir d'urgence.


Découvre les premières pages du roman juste ici !


en collaboration avec...

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