J’ai relu Twilight, 15 ans après

La première fois que j’ai lu Twilight, c’était en 2006. J’avais 17 ans, et à l’époque, j’avais dévoré Fascination en une nuit, incapable de le poser avant le petit matin, commandé les deux tomes suivants dans la foulée et même convaincu ma mère de le lire à son tour.


Depuis, j’ai terminé la saga, détesté les films, lu trop de (mauvaises) fanfictions, et tiré un trait sur cette partie de ma vie. Jusqu’à l’été 2020, où Stéphanie Meyer a eu l’outrecuidance d’enfin publier Midnight sun, le tome légendaire qui devait faire la lumière sur les pensées d’Edward Cullen, sorte de Brad Pitt des années 2000.


Forcément, en hommage à l’adolescente que j’étais, j’ai craqué. Et j’ai décidé de relire toute la saga pour terminer par le dernier tome qui trônait dans ma PAL depuis quelques mois.

Deux semaines, 3318 pages et 274 roulements d’yeux plus tard, je partage cette expérience folklorique avec vous. Pour le meilleur, et surtout, surtout pour le pire !





Fascination : 😄


15 ans après, j’ai rendez-vous avec Bella et son sens de l’abnégation inepte, Edward le creepy & tout le clan Cullen, et évidemment les personnages secondaires, du plus pénible – hello Jessica & Mike – au plus insipide – coucou Charlie. Je ne vais pas vous mentir, ça me fait quelque chose. C’est un peu ma madeleine de Proust – une madeleine très périmée, mais quand même.


Etonnamment, si j’outrepasse le style fastidieux de Stéphanie Meyer et les réflexes de mémères de Bella Swan, l’ado qui était plus vieille qu’une adulte, je dois dire que la magie opère. Je m’étais préparée à tous les détester d’emblée (un peu bizarre quand on pense que je me lance dans une lecture de 3000 pages, je sais), mais une fois retrouvé le vocabulaire médiocre et les personnages terriblement mal dégrossis, l’alchimie fonctionne.


Les petites joutes verbales d’Edward & Bella me font sourire – le flirt, c’est vraiment mon moment préféré des romances – et puis il faut dire qu’il est mignon, ce personnage très charmant qui sauve la demoiselle en détresse toutes les cinq minutes – passion se promener seule la nuit dans des ruelles sombres d’une grande ville inconnue, toi-même tu sais (tsss).


Bon, c’est vraiment la seule partie qui m’enchante – et encore, « enchanter » est un bien grand mot. Dès qu’Edward la pécho, on ne va pas se mentir, mon intérêt redescend comme un soufflé. La chasse avec James est assez pénible à lire (et si longue). Beaucoup de sang, de stress et de batailles inutiles. Tout ça pour finir sur un bal de promo, tellement Disney Chanel style.


BILAN DE RELECTURE | Plus mauvais que dans mes souvenirs, mais force est de constater que j’en ai lu presque attentivement au moins 70 %. Ai-je vraiment si mauvais goût ?


MENTION SPECIALE | Il faut qu’on parle de mon crush sur Edward. En 2006, c’était une dinguerie : j’étais prête à l’épouser. 15 ans après, oula, c’est un grand non. Alors bon, je ne peux pas dire que les premiers chapitres ne m’ont pas charmée – le mec est plutôt sympa quand il est bien luné – mais on est à un niveau de bizarrerie stratosphérique. Le régime alimentaire, passe encore, vegan, gluten-free ou vampire, ma foi, je dis pas, mais le date où il la regarde manger, les visites nocturnes où il la regarde dormir ( !!! ), les paillettes sur le corps et les humeurs passagères… Perso, je le ghoste. Bye-bye Eddie.



Tentation : 🤢


J’ai tout détesté de Tentation. L’absence d’Edward, la dépression de Bella qui se meurt d’amour au bout de quinze jours (#dramaqueen), l’arrivée en grande pompe de Jacob, tellement poussif avec ses œillades enflammées et son mauvais flirt. Elle a dit non, capiché ?


Si je n’avais pas eu Taylor Lautner en tête, j’aurais vraiment imaginé Steve Hurkle pour camper Jacob. Je ne comprends même pas qu’il y ait eu un débat ! #TeamEdward for everrr, même si Edward me saoule avec son romantisme à la Roméo & Juliette (#dramaqueen bis). C’est l’histoire d’amour la plus passionnée et la plus platonique que j’ai jamais vue – on dirait un épisode de Gossip Girl si Gossip Girl s’était passé dans le Loire-et-Cher en 1974.


Heureusement, le plot-twist Volturi dynamite un peu le tout en fin de course. J’avais détesté ça à l’époque, mais enfinnn il se passe quelque chose. Ce souterrain glauque et ces malheureux touristes m’a rappelé l’épisode « Mensonges » de Buffy contre les vampires (saison 2, avant que tout parte en couille) (d’ailleurs je me suis aussi refait l’intégrale de Buffy récemment, mais c’est une autre histoire).