L’Assassinat de Gilles Marzotti - Christophe Desmurger

« Je ris. Je commande une nouvelle bouteille. Au visage de la serveuse, je devine qu’il est très tard. Je n’avais pas remarqué qu’il n’y avait plus que nous. Nous allons devoir libérer les lieux. Stanislas propose un dernier verre dans la cave de ses parents. On éclate de rire. Ce moment restera à tout jamais gravé dans ma mémoire. Ce passage si rapide, si brutal, de l’euphorie à l’effroi. Quatre secondes. Le temps d’un code. Et d’une image. Une main rageuse qui s’abat sur moi. La gifle monstrueuse d’un court message. Paiement refusé. »

Raoul, entrepreneur en couple avec un enfant en bas-âge, incarne la réussite : il gagne bien sa vie, et il est méritant. Le hic, c’est que lorsqu’il dispose de 1000, il ne peut pas s’empêcher de dépenser 1100. Toutes les excuses sont bonnes pour dépenser sans compter, et sa femme, peu intéressée par les questions d’argent, lui offre malgré elle le laxisme qu’il faut pour le plonger dans des dettes irréversibles. Hanté par des problèmes d’argents qu’il cache à ses proches et qui le menacent de tout perdre, Raoul s’en prend au bourreau de sa carte bancaire : Gilles Marzotti, le banquier.


Dans une écriture saccadée, un style nerveux et une structure presque schizophrénique, Christophe Desmurger nous emmène dans les affres de notre époque : celui de l’hyper-consumérisme, du matérialisme et du culte des apparences. « Je paie donc je suis » : tel pourrait être le mojo de Raoul, victime de ses excès et de ses aspirations à un confort familial qu’il ne peut assumer.


Dans une narration de l’angoisse crantée par des phrases courtes et nombreuses, le style dynamique de Christophe Desmuger va et vient entre passé et présent, entre opulence et disette, entre sérénité et disputes, jusqu’à mettre en branle son personnage comme son lecteur. Les parois littéraires poreuses de ce thriller original s’effritent les unes après les autres à en perdre le fil, à mesure que Raoul perd la raison et s’enfonce dans une dépression où la vengeance devient sa seule obsession. La seule question qui demeure : lequel, de Raoul ou de Gilles Marzotti, tuera l’autre ?

en collaboration avec...

P.O.L.

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