La grève des femmes formidables - Alex Riva

« Elles vivaient la même situation : le mari toujours en demande et la femme peu motivée. Etait-ce vraiment cela, la vie de couple au bout de dix ans ? Quand j’essayais d’en parler avec Julien, il fuyait. […] Aujourd’hui, Julien vient de fêter ses deux ans de relation avec Sophie, et ils attendent un heureux évènement pour la fin de l’été. Quatre ans après notre séparation, une question me taraude encore : où puis-je trouver ce fameux bonheur après lequel nous courrons toutes ? »



Quatre femmes, quatre problèmes existentiels. Divorcée, Emma cherche le bonheur que son ex-mari a su retrouver dans les bras d’une autre, mais multiplie les plans foireux. Chloé vit une relation intense et clandestine avec un homme marié qui promet de quitter sa femme. Andréa vit une histoire idyllique avec Vincent, mais deux ombres viennent entacher son tableau parfait : son job d’avocate, qu’elle supporte de moins en moins, et le bébé qui ne vient pas. Alice, dernière copine en détresse, est coincée dans un couple fantomatique et has-been où le partage des tâches a de rances relents de domination masculine des années 20 : elle s’occupe des enfants, de l’appart, de la cuisine, des courses — de littéralement tout, en plus de son job, quand son époux se contente d’accumuler d’harassantes heures de travail et de jouer au golf.


Quatre copines tiraillées entre leur job, leur mec et l’image du parfait bonheur auquel elles aspirent : les quatre femmes formidables décident qu’avant de faire un burnout, il leur faut une pause. Comme une sorte de Sex & the city 2.0, elles entament une grève de la mère attentionnée, de l’épouse présente, de la maîtresse sulfureuse et de l’employée indispensable.


Le roman est léger, plaisant, parfait pour se détendre sur une plage cet été, où pour patienter dans le train. Il est facile de se laisser entraîner dans le sillon des quatre filles dans le vent tant la recherche d’un bonheur parfait ou le diktat sociétal du devoir de perfection féminin rend le syndrome d’identification évident.


La lecture est néanmoins freinée à quelques reprises par cette facilité, justement, de l’intrigue qui va là où les filles l’entraînent, sans surprise. On aurait aimé les voir un peu plus tiraillées par la réalité des sentiments contradictoires auxquels on serait sans doute en proie à leur place, plutôt que de flirter impunément sur le sable chaud à l’autre bout du monde pendant que Monsieur s’occupe des enfants. Cet idyllique-là perd en crédibilité en passant sous silence le travail de réflexion qui devait s’opérer. Une insouciance primesautière souffle l’introspection qu’on attendait, et sans grand effort, la grève fracassante provoque presque tous les changements attendus. Un résultat un peu déceptif, quand l’objectif des quatre femmes formidables vient à elles sans qu’elles n’aient à trop aller le chercher. Et si, être une femme formidable, c’était justement d’apprendre à accepter que bonheur ne rime pas forcément avec réussite ? Verdict dans le tome suivant. (Denoël)

en collaboration avec...

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