La maison, Emma Becker

« Je t’ai souri. Dans mes yeux, il y avait plus de mépris qu’il t’était possible d’en métaboliser. Tu ne saurais pas distinguer un œil mouillé de désir d’un moteur à explosion. »


Chronique d'une déception


Lui que j’attendais tant - je n’arrive pas à croire à quel point je suis déçue de cette lecture. Tout était pourtant fait pour moi : un roman-témoignage qui décortique une maison close, un auteure qui est allée jusqu’à y séjourner durant deux ans, une plongée intrépide dans un milieu obscure et interdit - et son adoubement sans consensus par l’ensemble de la sphère littéraire. J’attendais une enquête intime sur l’intérieur de la maison, un discours décalé, qui déconstruit les a prioris avec intelligence, mais je n’y ai lu qu’un journal intime d’une jeune bourgeoise qui cherchait à épicer son quotidien.


J’ai été gênée par le caractère extrêmement personnel du récit : là où j’attendais qu’il soit centré sur la maison, comme le suggère le titre, il est centré sur l’auteure, sur ses sentiments relatifs à la maison, sa nostalgie surtout. Même lorsqu'elle donne la parole aux autres filles, elle ne parvient pas à s’effacer, reste en surface de leur destin mais creuse un peu trop le sien avec des atermoiements amoureux à rallonge.


L’autre chose qui m’a gênée, c’est cette appétence pour la prostitution, cette façon de la glamouriser, de la « normaliser » en occultant en grande partie le tabou ou l’interdit. J’attendais justement qu’Emma Becker propose un contraste entre l’interdit et la réalité, qu’elle oppose le glamour au sordide, mais je n’ai pas trouvé ce roman multifacettes que je cherchais : je n’ai lu qu’un « je » omniprésent qui décortiquait son sentiment sans jamais vraiment rentrer dans l’aspect sociologique pourtant hyper intéressant du sujet.


J’aurais aimé savoir ce qu’elle y trouve, dans cette maison, en quoi ça la contente, qu’est-ce que ça lui apporte - mais des rideaux aux chambres, en passant par la bonne humeur des autres filles, je n’y ai lu qu’un roman lisse, uniforme, décevant, bien loin du film « Jeune et jolie » de François Ozon qui rend parfaitement ce contraste entre le tabou et le plaisir que prend son jeune personnage dans la prostitution, entre ce frisson du danger et ce pouvoir grandissant d’être si séductrice que l’on aille jusqu’à payer pour l’avoir.


💖A lire si : tu n’as jamais lu de romans de ce genre - c’est une (bonne) expérience à faire !

💔A zapper si : tu cherches un roman profond qui décortique le rapport à la prostitution

💖A lire dans le même genre : « Putain » (Nelly Arcan) & « Latex, etc. » (Margaux Guyon)


FAIS TOI TA PROPRE IDÉE 💖




en collaboration avec...

P.O.L.

plon

PRÉLUDES

presses de la cité

RIVAGES

robert laffont

stock

VERTICALES

ZULMA

  • Black Instagram Icon
  • Black Twitter Icon
  • Black Pinterest Icon
  • Mails

©LolliothEque2018 / Tous droits réservés

Powered by HARD WoRK ONLY