Le nom secret des choses, Blandine Rinkel

« Quand je pense à nous, je pense à des braises. Ça crépite, mais on ne sait pas comment ça prendra. »




Le pitch


Tu avais l’âge de quitter ton enfance, l’âge où on se sent libre et où, dans le train pour Paris, on s’assoit dans le sens de la marche. Dès ton arrivée, tu t’es sentie obligée de devenir quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’oserait plus dire « je ne sais pas ». C’était la ville qui t’imposait ça, dans ce qu’elle avait à tes yeux de violent et de désirable : sa culture. Puis tu as rencontré Ella. Elle avait le goût des métamorphoses.


Un coup de coeur sur l'amitié toxique

« Souvenir du « non, elle ne va quand même pas oser ? » dans le regard, et soudain du « putain elle ose », éclats dans la Pupille. Mentir était un plaisir. Vos déviances, une amitié. »


Le nom secret des choses, c’est un roman qui ausculte l’amitié entre deux femmes. L’une a la vingtaine, quitte sa province pour conquérir Paris. Premier arrêt : la Sorbonne, où elle termine ses études et se prend en pleine face la violence sociale de la capitale. Dans ce monde de culture où l’aristocratie continue de régner en maître, elle rencontre Elia.


Elia a un âge similaire, mais moins de complexes de classe et une paire de couilles que beaucoup lui enverraient. Elle n’a peur de rien, ne se refuse rien : indécente, insolente, elle entraîne la narratrice dans un tourbillon de hauts et de bas qui la mènent, exsangue, à se sentir démunie le jour où Élia disparaît.


« Tu sais aujourd’hui qu’une relation est importante quand elle neutralise le langage : c’est quand il te manque le mot pour le dire que tu la mesure. Ainsi iElia et toi vivons une relation trouble, un rapport de terrain vague donc, des années après, tu ne connais toujours pas le nom.Votre relation était une bizarrerie pour beaucoup, à commencer par vous. Quel soulagement sut été de pouvoir l’arranger sous le terme d’amour : votre amitié n’avait de nom que celui de scandale. »


C’est un roman dévastateur sur l’amitié toxique, manichéenne et manipulatrice, mais aussi un excellent roman sur la violence sociale du parisianisme. Jusqu’au cette jeune fille sera-t-elle prête à aller pour se faire accepter dans cette ville, dans cette culture où elle n’est pas sûre d’avoir sa place ?


Un roman sur la violence sociale

« Ne connaissant pas les noms que l’on cite, tu prétends pourtant les connaître et voilà ce qu’il faut cacher, nier sans cesse. Tu dois simuler l’insouciance et parfois même l’indifférence, quand tu te trouves, en réalité, dans le réel en excès de zèle. C’est aussi que tu as peur–tes comportements dépendent de ta peur comme une érection du désir. C’est aussi physique et mécanique que ça. Tu as peur de ne pas avoir lu ce qu’il faut avoir lu, peur d’être un peu à la masse, un peu gourde, un peu trop spontanée, peur du son de ton propre rire, aussi, trop prononcé, rire qui est comme un relâchement de tout le corps, un léger effondrement. Alors tu travestis. Tu te tiens. Tu combles ton retard et tu te tais.

Parfois la nuit, en cachette, tu continue de lire certains de ses livres commerciaux que méprise nouvel entourage–mais tu le fais comme on prend des nouvelles de son adolescence, il trouvant de moins en moins de plaisir, te sentant prendre le large. Le large : tu apprends qu’à Paris on a déjà une pas à 12h il a dit à 19h, mais que tout prend une à 2h de plus. Le décalage est aussi horaire. »


La force de ce roman, c'est un "tu" dévastateur qui déconstruit les complexes et les pensées du personnage principal : du choc thermique entre la province et Paris, à l'acculturation difficile aux moeurs d'une jeunesse riche et décomplexée, Le nom secret des choses raconte le décalage et la condescendance, ce sentiment de ne jamais se sentir à sa place, le syndrome de l'imposteur, la peur de ne jamais être au niveau des autres - méritante et reconnue.


Un roman exceptionnel sur ce qu'est "avoir 20 ans" aujourd'hui.


Tu peux lire les premières pages du roman juste ici !



en collaboration avec...

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