lecture : ma sélection d'été

Les blogueuses mode ont leur sélection d'été, les blogueuses littéraires aussi.

Sur mon catwalk SS 2020, il y a un peu de tout : du roman psychologique, du feel-good, de la chick-litt, du LGBTQ, du roman féministe et même de la nostalgie. C'est frais, acidulé, doux et léger - juste ce qu'il faut pour se dérider avant la rentrée.




Summer Melodie, David Nicholls


On ne présente plus David Nicholls. L'autre du best-seller Un jour, adapté au cinéma, et une vraie claque que j'avais prise en l'achetant au hasard, dans un Leclerc à Bourg-les-Valence sous la moiteur de l'été. Summer Melodie, tout aussi ingénieux, ne m'a pas déçue.


CA RACONTE QUOI ? Ca raconte Charlie Lewis, 16 ans, qui s'emmerde ferme dans sa petite vie morne, jusqu'au jour où il la croise. Elle, c'est la grâce, la fougue et le théâtre shakespearien. C'est une histoire d'amour qui balbutie, toute emplie des possibles de l'adolescence. Tu te souviens des cours où tu t'inscrivais juste pour voir l'être aimé ? Celui que tu trouvais si beau alors qu'il était farci de boutons. T'avais des papillons dans la tête et t'attendais que ça toute la semaine.


ON EN PENSE QUOI ? Que du bien. C'est une ode à la nostalgie et aux amours adolescentes, c'est pétri de bonnes références, tu sais, celles sur lesquelles tu as tant de souvenir, c'est une petite capsule temporelle des 90's qui débarque pour te donner un goût du passé. C'est frais, palpitant, vintage - bref, ça fait du bien.



A charge de revanche, sophie kinsella


CA RACONTE QUOI ? Ca raconte Fixie, la meuf la plus sympa et la plus tolérante de la galaxie. Tellement tolérante d'ailleurs que c'est trop. A chaque caprice qu'elle passe à sonfrère, à chaque fois qu'elle prend sur elle, à chaque fois qu'elle couvre sa soeur - t'as envie de lui mettre une bonne grosse baffe dans la gueule et de lui dire "allez, ça suffit maintenant". Bref, l'abnégation, c'est une belle qualité, mais de là à en faire un style de vie, faut pas non plus déconner.

Ajoute à ça une famille casse-couille, une boutique au bord de la faillite et son amour de jeunesse qui revient au bercail, et tu obtiens un cocktail explosif. Ames fragiles souvent pigeonnées s'abstenir : ce roman, il fait un peu mal avant de faire du bien.


ON EN PENSE QUOI ? Que c'est un bol d'air frais. Alors, non, c'est pas de la grande littérature, et non, c'est pas à la hauteur de L'Accro du shopping, LA série phare de l'auteur qu'on a toutes (ou presque) lue. Mais on y retrouve la plume de Sophie Kinsella, celle qui nous fait rentrer si facilement dans un roman, qui t'accroche, et qui te garde jusqu'à la fin parce que même si tu sais que c'est un peu nunuche, même si tu sais bien avant Fixie que ce mec est un trou du cul et même si tu sais d'emblée que c'est avec l'autre qu'elle va finir, bah ça fonctionne à tous les coups. Ca a le goût des coquillettes-jambon de mes 17 ans. Ca se lit en un clin d'oeil. C'est drôle. Bref, c'est comme un film d'Hilary Duff dans les années 2000 : tu trouves ça débile mais tu peux pas t'empêcher d'aimer quand même un peu.



Juste une fois pour essayer, Elodie garnier


CA RACONTE QUOI ? Ca raconte Elodie qui quitte Paris du jour au lendemain pour la campagne, la maison et le club de hand du coin. Elle y rencontre Sara, une sacré casse-couille, un peu grande gueule, très très casée avec un mec envahissant et un peu gauche et des enfants bruyants. Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle. Une fois, comme ça. Juste une fois pour essayer, tu vois ?


ON EN PENSE QUOI ? Je suis carrément partagée sur ce roman. D'abord, parce que toute la première partie, l'anti-parisianisme, le besoin de campagne, de déconnexion, la quête du sens - tout ça n'était pas franchement nécessaire et sonne carrément cliché. Ensuite, parce qu'on a davantage l'impression d'un journal intime, d'une expérience de vie qui avait besoin d'être racontée que d'un roman. Trop de détails, trop d'informations inintéressantes.

Maaaaaais il y a le reste. L'histoire d'un soir avec Sara qui dure si longtemps, la manipulation de l'une, le désarroi de l'autre, l'hésitation perpétuelle entre une vie bien rangée et le danger de tout quitter pour une aventure avec une femme. Jusqu'au bout je me suis demandée si elle quitterait son mec ou non. Et rien que pour ça, ça vaut le coup.



QUADRILLE, Inès Benaroya


CA RACONTE QUOI ? Ariane qui passe des vacances de rêve sur une île en Grèce avec son mari et leurs deux enfants - jusqu'ici tout va bien - et qui rencontre Viola et sa famille. Une mère sublime, des enfants solaires et gracieux, un mari puissant et viril... Les deux familles se lient d'amitié, se lient un peu trop, jusqu'au point de non retour. Fascination, manipulation, fourberie, mensonge, trahison : sous la moiteur du Péloponnèse, les règles n'existent plus.


ON EN PENSE QUOI ? On adooore. C'est retors, pervers et fourbe, intelligent, subtil, mais tellement machiavélique. On aime un peu moins les retours en arrière perpétuels qui n'apportent pas grand chose si ce n'est ménager des effets de suspense, mais ce roman a tout du thriller psychologique hyper réaliste. Il suffit de si peu pour que tout bascule... A déguster sans modération.



PARK AVENUE SUMMER, Renée rosen


CA RACONTE QUOI ? Alice, jeune provinciale fraîchement débarquée à New York en plein coeur des sixties, qui accepte d'être la secrétaire de rédaction de la toute nouvelle rédac' chef de Cosmopolitan. Mais on est en pleine révolution sexuelle et féministe, et à l'époque, Cosmopolitan est un magazine sérieux... et sérieusement en chute libre. Helen Gurley Brown, auteure du sulfureux best-seller Sex and the Single Girl, prend sa tête, bien décidée à changer cela.

Mais cette grande visionnaire n'a pas que des amis dans la presse et elle se trouve en réalité sur un siège éjectable. Alice ne va pas tarder à découvrir que sa rebelle patronne fait l'objet d'une cabale acharnée, menée par ses collègues masculins bien décidés à démontrer que la place d'une femme est davantage dans la cuisine qu'à la tête d'un magazine.


ON EN PENSE QUOI ? Que c'est l'ancêtre du Diable s'habille en Prada, en pleine révolution féministe, quand la mode n'était pas encore une industrie qui broyait les femmes et que les unes de Cosmo, pleines de bons conseils sexo, étaient un outil de libération de la femme surpuissant. C'est drôle d'assister à la naissance d'un titre qui a bercé mon adolescence, et dont j'ai une si pauvre image aujourd'hui. A l'époque, c'était un parti pris innovant, controversé, et surtout nécessaire. Bref - un très bon roman sur la presse et les femmes.




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