les bookstagrammeuses - 2

Elles sont de retour. Avec toujours plus de manies, d’ego, de stories et de premier degré.

Voici dix nouveaux portraits croquignolesques de bookstagrammeuses, cuvée 2020.

Celle qui... a besoin de justifier ses absences (et ses retours)


C’EST QUI ? C’est l’évolution darwinienne de sa cousine germaine qui laissait des messages cryptiques sur Facebook en 2010, du genre « Ce qui ne me tue pas me rend plus forte », et qui regardait les commentaires inquiets affluer, confortablement assise dans son canapé. Dix ans plus tard, elle a muté sur Instagram, trouvé une communauté de niche et s’entête à disparaître régulièrement pour mieux revenir, toujours « plus forte et motivée ». On lui dit qu’on n’avait même pas remarqué ?


C’est un peu racoleur, mais ça marche – politesse de réseautage oblige, derrière les deux ou trois copines concernées de ne plus voir ses stories, se cachent surtout un paquet de hyènes virtuelles qui s’épandent en faux sentiments tout en se demandant qui c’est. Faut dire que c’est pas facile de différencier @elolitdeslivres et @elo-lit-deslivres, aussi.


SIGNE DISTINCTIF Elle répond aux commentaires, mais elle ne lit pas les messages privés.


Celle qui... retourne sa veste


C’EST QUI ? Elle détestait Joséphine en janvier – en juillet, c’est sa meilleure amie. A coup de stories dithyrambiques, elle essaie de faire oublier les MP disgracieux qu’elle a glissés à tout bookstagram à son propos – « Tu ne devrais pas la suivre, c’est un être humain abject qui est en réalité âgé de 116 ans, elle a même participé à la Seconde Guerre Mondiale, tu te rends compte ? (et la sœur du cousin de l’ami d’enfance de sa meilleure amie est le beau-frère de mon mec : elle m’a dit qu’à cette époque, elle était pas du bon côté, si tu vois ce que je veux dire…) ». Elle t’adore ? Oula, attention, ton état de grâce risque de ne pas durer…


SIGNE DISTINCTIF Tous ses messages commencent par « bon, ça reste entre nous, mais… ».

Celle qui... se prend pour la rédac-chef d’Instagram


C’EST QUI ? C’est en été que ça la démange le plus – elle essaie de le garder pour elle, elle intériorise tu vois, mais ça commence toujours par une ou deux piques. Cette photo de spritz postée par son Insta-copine préférée ? De rage, elle l’un-like – elle est même à deux doigts de l’un-follow. Ça s’envenime quand elle voit des photos de plage pourrir son feed, et puis après c’est les glaces, et enfin les selfies en maillot ! Non mais ! Elle est pas venue ici pour souffrir, ok ? Elle, ce qui l’intéresse, c’est tes lectures – pas ton cul ni tes vacances, c’est compris ?


Ça se finit toujours dans un post sanglant, auréolé de 178 commentaires qui clament qu’elle a raison et que c’est honteux : on est sur bookstagram, respectez un peu la ligne éditoriale, bordel !


SIGNE DISTINCTIF Trois mois après, tu vois sa progéniture en train de plonger dans une piscine corse en story. A défaut d’avoir des principes, elle a au moins eu des likes.


Celle qui... est accro aux stats (mais qui n’assume pas)


C’EST QUI ? Elle rafraîchit son post toutes les minutes, le partage trente fois en story en 24 heures, elle orchestre des stratégies de partage pour « déjouer l’algorithme » et se rappelle régulièrement à ton bon souvenir en te disant : « puisque vous n’avez pas vu le post, je vous le repartage ». Pi-tié. Stop. Elle serait prête à poser à poil pour des likes, des commentaires et des favoris – et elle l’a même déjà fait une fois, ça avait cartonné.


SIGNE DISTINCTIF Sur le post d’une insta-copine se désolant du manque de visibilité de son contenu, elle commente : « Oh, tu sais, il faut prendre du plaisir avant tout. Les chiffres, c’est que des chiffres, moi ça m’intéresse pas. »


Celle qui... se prend pour Dieu


C’EST QUI ? Les chroniqueurs de la rentrée en avance ? T’inquiète, elle va les remettre à leur place. Les harceleurs du dimanche ? Elle leur fait un procès sur la place publique. Les pique-assiettes aux soirées de lancement ? Ohhh, ne t’en fait pas, son post est planifié pour la semaine prochaine.


Elle fait la pluie et le beau temps sur bookstagram – enfin, elle croit. Elle analyse chaque scandale, chaque débat, chaque millimètre carré du réseau pour donner son avis dans des posts enflammés, repris par une armée de moutons à la capacité de réflexion d’une cellule métastasée. Elle prône la liberté – enfin, sa liberté à elle, celle qui respecte ses valeurs, ses idées, sa vision des choses. Une question houleuse agite la communauté ? Elle sera toujours là pour définir ce qui est moral, et ce qui ne l’est pas. Ouf.


SIGNE DISTINCTIF C’est une adepte des faux débats : t’as le droit d’avoir un avis différent du sien, mais pour ta santé mentale, mieux vaut ne pas l’exprimer sur ses posts.


Celle qui... like tout mais ne s’abonne jamais


C’EST QUI ? C’est la serial likeuse en chef ! Elle vient voir ton profil une fois par mois, elle like 31 contenus d’un coup, mais elle ne s’abonne jamais. Schizophrénie, ou début de burn-out digital ? Elle a le like automatique, c’est plus fort qu’elle. Elle a aussi acheté les deux exemplaires de Society spécial Xavier Dupont de Ligonnès, mais elle a juste regardé les images. Bref, elle est là pour la forme, mais elle a la flemme pour le fond.


SIGNE DISTINCTIF Elle est incapable de retenir ton prénom.


Celle qui... prône une consommation responsable (enfin, le mardi et le jeudi)


C’EST QUI ? Elle déplore le grand rendez-vous de la rentrée littéraire et ses 500 nouveaux ouvrages mis sur le marché, mais tu l’as quand même vue dans toutes les présentations organisées par les maisons d’édition. Elle insulte les adeptes de Zara parce que la fast-fashion, c’est mal, mais elle exhibe fièrement les 290 romans de sa PAL qu’elle n’a pas payés. Bref, elle adore faire culpabiliser les autres, mais derrière les grands discours, la ligne de conduite ne suit pas. Avoir des valeurs, c’est cool. Être honnête avec soi-même, c’est quand même mieux.


SIGNE DISTINCTIF Elle a achète parfois ses livres sur Amazon, mais chut, elle ne l’avouerait pas, même sous la torture.


Celle qui... fait des orgies de hashtags


C’EST QUI ? Elle en met partout. En story, Dans ses posts ou en commentaire. Des petits, des gros, des drôles, des chiants, des laids, des beaux, des dans toutes les langues – les hashtags, chez elle, c’est pas pour le référencement, c’est une façon de vivre. Si tu regardes bien, parfois, il y a même plus de hashtags qu’il n’y a de texte. #fatigue #blacklivesmatter #jedenonce #metoo #coquinechaudeàcotédecheztoi

Comment ça, c’est pas pertinent ?


SIGNE DISTINCTIF Beaucoup de likes, peu d’intérêt.


Celle qui... cache encore ses partenariats en 2020


C’EST QUI ? Des partenariats ? Elle ? Ja-mais ! Enfin… 😇 C’est celle qui va aux mêmes events rémunérés que toi, qui touche le même cachet, qui fait le même post avec les mêmes hashtags donnés par la marque mais qui n’indique jamais que le partenariat est rémunéré, ni par une petite phrase explicite, ni par un #ad ou un #sponsored qui est borderline mais qui est toujours plus légal qu’un joli sourire et qu’une publicité dissimulée.


Faut la comprendre, aussi : puisqu’on continue de diaboliser les partenariats et de remettre en doute l’authenticité des influenceurs, pourquoi prendre le risque de perdre la confiance de sa communauté si durement acquise ? J’ai envie de dire : on a les influenceurs qu’on mérite.


SIGNE DISTINCTIF Elle ne fait jamais de partenariats, mais t’inquiète, elle a toujours un petit code promo pour toi.


Celle qui... part en vacances


C’EST QUI ? Elle prend plus de livres que de culottes. Elle va se baigner avec son smartphone et son livre – faut bien immortaliser ce moment. Elle s’arrête en pleine piste rouge pour prendre une photo de sa lecture en cours. Elle panique quand il faut prendre l’avion et limiter le poids de sa valise ; elle pleure quand il faut grimper quatre étages avec un sac qui compte au moins 20 romans pour dix jours. Elle visite toutes les librairies de la région et elle pose devant parce que ce serait un crime de ne pas documenter cet antre. Chez elle, l’épreuve de la valise, c’est l’épreuve du feu : elle commence à réfléchir à sa PAL au moins un mois avant de partir. Elle est même à deux doigts d’assortir ses tenues aux couvs de ses romans : ce sera sympa pour les photos.


SIGNE DISTINCTIF Elle emporte beaucoup, beaucoup, beaucoup de romans en vacances… Mais elle n’en lit même pas la moitié.


en collaboration avec...

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