Les Mots entre mes mains - Guinevere Glasfurd

« Il vient dans mon lit, m’entraîne dans sa chambre, me rejoint dehors. Même si j’en ai honte, je l’emmène dans des ruelles, ou dans le jardin, la nuit. Il murmure ‘Helena’, et je ne me lasse pas de l’entendre. Je le croise chaque jour, mais si nous ne sommes pas seuls, je ne dois rien changer à mon comportement. Nous savons ce qu’il y a entre nous. Ses doigts frôlent les miens lorsque je remplis son verre, je l’effleure en desservant son assiette. » (Préludes)



Je pense donc je suis amoureux


Oubliez tout ce que vous savez sur Descartes — oui, René Descartes, cet obscur philosophe qui s’est invité dans votre dernière année de lycée avec son Discours (relou) de la méthode. Descartes, c’est l’anti-héros de cette love story anti-sentimentale avec Helena Jans. C’est un notable, elle une domestique ; il est catholique, elle est protestante ; c’est une femme dans un monde d’hommes, une de celles qui apprennent à lire quand le savoir n’est pas de leur rang, une avant-gardiste féministe qui prêche la philosophie du self-made en 1832 face à celui dont on peinerait à prêter une histoire d’amour passionnelle et scandaleuse. Et pourtant, vivant leur idylle cachés de tous, dans les rues sombres d’Amsterdam, Helena tombe enceinte.


Plongée archéologique dans une histoire d'amour d'un autre siècle


Les mots entre mes mains est d’une virtuosité méticuleuse, un premier roman à couches multiples, qui soulève des questions, des secrets, des interprétations, qui se prête à milles lectures, historique, sentimentale ou sociologique, qui ressuscite l’Amsterdam du Siècle d’Or, qui nous plonge imperceptiblement dans un tableau de Vermeer. Guinevere Glasfurd ne nous offre pas seulement une histoire d’amour, elle tisse ici un roman qui s’affranchit des codes sentimentaux, entre un anti-héros aux antipodes du romantisme et une demoiselle qui n’est certainement pas en détresse, et dresse une Histoire qu’on ne connaissait pas, celle d’un Descartes amoureux, moins austère qu’il n’y paraît, celle d’un personnage historique vu à travers le prisme singulier d’une femme — plus humain, pas forcément plus glorieux, mais définitivement plus romanesque que ce que l’Histoire a bien voulu rendre de lui. Un roman inclassable qui pioche partout, et qui donne à cette histoire de multiples faces — beaucoup de lectures possibles, pour un seul sentiment : celui de lire autrement l’Histoire comme l’amour.

en collaboration avec...

P.O.L.

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