Ma dévotion - Julia Kerninon

Des romans où je savoure chaque phrase, chaque mot jusqu'au dernier, il y en a peu. Il y a eu L'autre qu'on adorait, le chef-d'oeuvre de Catherine Cusset. Et avant ça, Le Dernier Amour d'Attila Kiss, second roman coup de poing où Julia Kerninon dit l'amour comme personne. Aujourd'hui, elle revient avec Ma dévotion, une histoire d'amour et d'amitié viscérale, sublime et destructrice. Un vrai bijou de la rentrée littéraire.



300 pages, 4 décennies, 2 amants


"Je n’étais certainement pas la plus belle, ni la plus douée, des femmes qui t’entouraient, mais j’étais apparemment la seule nécessaire, celle qui n’avait jamais été remplacée par une autre, celle qui n’avait pas à mendier ta présence par téléphone."


Lorsqu'Helen croise Frank par hasard dans la rue, après 20 ans de silence, elle ne peut s'empêcher de revisiter leur histoire en lui livrant sa propre version, celle qu'elle a perçu, qu'elle a vécu du haut de ses sentiments inavoués. 300 pages, 4 décennies, 2 amants : Ma dévotion raconte Frank Appledore, ce génie vaniteux et charismatique dont elle a fait un peintre reconnu dans le monde entier, et sa relation ambigüe, profonde et destructrice avec Helen, plus jeune, plus timide, plus renfermée. L'histoire d'un couple iconique qui ne sait pas s'aimer, qui se croise, se délie, se délite aussi. Se retrouve, toujours.


"Je n’ai jamais su comment expliquer à quiconque notre adolescence, notre entente, le besoin constant que nous avons eu l’un de l’autre à travers les décennies, la déception qu’étaient les autres pour nous. Je connais tant de mots, et je n’ai pas le vocabulaire pour te dire, Frank Appledore. J’ai passé ma vie à écrire, je ne sais pas parler."


L'amour, par Julia Kerninon


" J’étais comme une mendiante de l’amour, je voulais simplement, désespérément, que quelqu’un me touche."


Des romans qui parlent d'amour, j'en ai lus des tonnes. Des romans qui parlent d'amour comme Julia Kerninon le fait, je peux les compter sur les doigts d'une main : il y a tant à dire sur le talent de cette auteure que je ne saurais même pas par où commencer. J.Kerninon a le mot agile, incisif, tantôt doux, tantôt cru. Elle dit la violence du désir et du désespoir avec une grâce extrêmement rare. Elle donne à ses personnages de la force, du caractère, de la passion, et elle les manipules avec une rare psychologie pour les pousser au bout de leurs retranchements. Elle a le phrasé long, rythmé, imagé - parfois elliptique, toujours judicieux.


Dans Ma dévotion davantage encore que dans ses trois romans précédents, elle écrit la subtilité des sentiments, les nuances des caractères. Le bon, le mauvais et l'entre-deux, les silences, les vides lourds de sens : c'est presque dans la négation qu'elle est au sommet de son art, dans ce déni du sentiment, dans l'irréciprocité, dans la dérive de ses personnages.


La force de l''épistolaire sans ses inconvénients


" Frank, mes livres - tous mes livres - ne parlent que de toi."


La force poignante de Ma dévotion, au-delà de son style chirurgical, emphatique et acéré, c'est l'adresse - dans tous les sens du terme. D'abord pour l'agilité que J. Kerninon prête à son héroïne dans l'ombre de Frank, surtout pour le genre presque épistolaire : tout au long du roman, Helen s'adresse directement à Frank, avec moins de rondeur qu'une lettre, mais avec la puissance du "tu" et du "je", avec la force de la subjectivité qui oblige son lecteur à se plonger d'emblée dans cette retrospective déchirante.


Un roman sublime et bouleversant.


en collaboration avec...

P.O.L.

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