Max Lurie passe à table, Steven Boykey Sidley

« Vous êtes sur le Réseau national de podcasts. Bienvenue dans « Free Association », animé comme toujours par Max Lurie. »



Jusqu'où ira-t-il pour plaire à ses fans ?


Max Lurie, c’est un peu le grinch du podcast. Dans ma tête, il ressemble à Mike Alexander, le gentil salaud mal dégrossi du film « L’abominable vérité », détestable jusqu’à ce qu’il devienne sexy. Son podcast, c’est un défouloir sans filtre. Il y raconte tout : son passé d’écrivain raté, sa carrière avortée de psy, l’Alzheimer de son père sont passés au crible chaque semaine dans les oreilles de 50 000 auditeurs friands de drame.


C’est aussi une façon de vivre la vie qu’il ne vit pas : sur les ondes, il a un frère jumeau parfait, une copine amoureuse et une vie bien rangée. IRL, ce n’est pas tout à fait la même histoire. Son jumeau, c’est son alter ego - la version angélique de lui-même qui lui permet d’être le diabolique à l’antenne sans une once de culpabilité. Sa copine ? Personne ne l’a jamais vue. À mesure que les abonnés augmentent, les mensonges s’épaississent… Jusqu’où Max est-il prêt à aller pour tenir l’auditeur en haleine ?


Dans la tête d'un podcasteur


Ce qui m’avait attiré dans ce roman, c’est d’abord sa modernité : le fait qu’il ausculte cette frontière entre vie réelle et image virtuelle, cette mise en scène du quotidien propre aux blogueurs. Ce que j’attendais, c’est que le roman place le personnage face à son double virtuel. C’était le mensonge rendu public, les conséquences sur sa vie, la façon dont il le gérait. Dans ma tête, ça avait des airs de film contemporain où l’on découvrirait de l’intérieur qu’une blogueuse férocement vegan mangeait tous les dimanches chez Burger King. Bref - je voulais du sang, des potins et une plongée psychologique dans les mécanismes du mensonge. Ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé.


Le roman est bien plus subtil - pas de confrontation directe, pas de clichés de romcom ni de lieux communs liés à la blogo. Ici, on est plutôt sur les galères du quotidien. Sur le podcast qui attire 50 000 fans mais qui ne trouve aucun modèle viable de monétisation. Sur une famille qui écoute et qui désapprouve, chaque semaine, inlassablement. Sur la vie qui, malgré lui, finit par renvoyer à Max l’image qu’il prône auprès des autres : celle d’un connard insensible, égoïste et raté.


Ce roman, c’est un cheminement psychologique passionnant mais pas chiant pour autant. Si on n’est pas vraiment dans le feel-good, on n’en est pas très loin non plus. Il y a toujours une pointe d’humour à la lisière, derrière des réflexions plus profondes, une vanne bien sentie pour alléger le tout. C’est intelligent et bien amené, pataud dans ses propos, subtil dans la construction, et ça a le mérite d’attaquer une des grandes questions psychologiques de notre siècle sur les alter égos digitaux en évitant les clichés éculés du genre et en allant beaucoup, beaucoup plus profondément dans le mécanisme psychique.

Bref, c’est frais, contemporain et acide. J’adore.


Tu peux lire les premières pages du roman juste ici !


en collaboration avec...

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