N’oubliez pas de tomber amoureuse à Paris - Mademoiselle Peppergreen

« Je comprends alors une chose fondamentale : dans ce milieu, on s’aime, mais seulement quand on est dans la même pièce. »

Gemma Singer quitte à peine son prestigieux campus New-Yorkais qu’elle est entraînée de force dans un job dégoté par les mondanités de son illustre mère parisienne. Diplôme de journalisme presque inutile en poche, elle débarque dans la capitale de la mode et plonge dans les affres des coulisses de la télévision. Un job harassant pour une héroïne insupportable une bonne partie du roman.

Entre papa maître zen sur les hauteurs californiennes et maman reine des cercles parisiens, Gemma trouve le moyen de foirer tout ce qu’elle touche à un point ridicule, crache sur la fortune familiale et la mode parisienne qu’elle exècre mais à laquelle elle est forcée d’adhérer dans une boutique privatisée Avenue Montaigne, joue les poupées Barbie pour sa meilleure amie styliste qui l’habille à l’envie, et fait chavirer les yeux de presque tous les hommes qu’elle croise. Gemma, c’est un peu Bella qui aurait quitté Twilight pour coloniser le monde étriqué de la télé.


Construit sur une héroïne clichéique au possible, le roman feel-good de l’été prochain partait mal. Et pourtant. Tout un pan du roman qu’on regrette de ne pas voir plus développé parvient à supplanter ce topos de la pauvre héroïne géniale qui a tout sans rien vouloir (ce n’est pas l’aspect sentimental qui rattrape ce début, oh, surprise).


Les auteures qui se cachent derrière le pseudo de Mademoiselle Peppergreen sortent tout droit du monde de la télévision tant décrié dans ce roman à l’eau de rose. Qu’est-ce que ça apporte à l’aspect littéraire ? Pas grand-chose. L’intrigue, en revanche, s’en trouve agréablement nourrie. Plongée sous-marine en apnée dans les coulisses détestables des agences de castings, des stars, de la production télévisuelle et des égos rivaux qui s’écorchent sans respect ni professionnalisme : la critique vire au vitriol, prend une forme de plus en plus légitime au fil du roman, à mesure que les simagrées de Gemma tarissent sous une machinerie trop prégnante pour intégrer les détails qui peinent à crédibiliser l’héroïne (et c’est tant mieux). Des détails qui, gommés, le hisseraient certainement au rang du Diable s’habille en Prada qui fait figure de référence omniprésente le long des chapitres, sans toutefois parvenir à s’en affranchir.   


N’oubliez pas de tomber amoureuse à Paris aurait pu être très bon, s’il avait un peu moins joué sur les codes vus et revus de la chick litt sentimentale : une assertion qui semble prendre vie à mi-chemin, où l’intrigue redresse miraculeusement, et verse dans une construction plus méthodique et qualitative, plus graduelle et subtile que son début un peu « gros ». Les tensions dramatiques se croisent, entre amitiés mises à mal et une pression professionnelle qui monte crescendo et qui nous embarque avec une grande justesse.Bonus : chaque chapitre est ponctué d’une anecdote réelle sur les caprices d’une star de la musique, de Beyoncé à P. Diddy en passant par Mariah Carey. Un roman frais à dévorer sur la plage cet été.

en collaboration avec...

P.O.L.

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