Oh la vache ! - David Duchovny

On le connaissait comme écrivain fallacieux dans le coquin Californication : avec Oh la vache !, David Duchovny, le chasseur d’aliens le plus célèbre du petit écran, sort un ovni littéraire drôle et satirique — jubilatoire.


Et si une vache réalisait qu’elle aller finir en steak haché ?


Il y a un peu plus de dix ans, la star des séries X-Files dessine un scénario de film d’animation : et si une vache, réalisant qu’elle va finir en steak haché, décidait de fuir sa ferme et de se rendre en Inde, où elle serait considérée comme sacrée ? Après un premier jet rejeté par Pixar et Disney, Duchovny renverse le projet avorté en un best-seller.


Des chapitres ramassés, un ton résolument léger — le lecteur suit les aventures d’Elsie Bovary, la cousine bovine d’Emma : une jeune vache coulant des jours heureux dans une ferme, en compagnie de sa meilleure amie Mallory. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où Elsie surprend la famille devant la télé, en train de regarder un documentaire sur la production de viande industrielle. Comprenant le terrible destin qui l’attend, elle décide alors de fuir en Inde, où les vaches sont considérées comme sacrées. Le cochon Shalom, récemment converti au judaïsme et qui rêve de rejoindre Israël (puisque les juifs ne mangent pas de porc), ainsi que le dindon Tom, qui souhaite rejoindre la Turquie, se mêlent vite au plan d’évasion.


Au croisement de Chicken Run et Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer, Oh la vache ! se présente comme un roman hybride, inspiré des frasques adolescentes de sa fille végane de 15 ans. Le style est simple, direct, très oral.


Roman feel-good qui célèbre la dérision


Oh la vache ! est donc un roman tout sauf prise de tête, à même de séduire des lecteurs occasionnels. Par sa manière simple et humoristique d’aborder des sujets tels que l’industrie alimentaire ou encore le conflit israelo-palestinien, Oh la vache ! se défend bien : souvent rigolo à défaut d’être hilarant, gentiment critique envers l’industrie alimentaire et notre société de consommation championne en matière de gaspillage, le livre appréhende différents sujets assez sérieux.


Si Oh la vache ! risque de décevoir les adultes s’attendant à un récit plus noir, cru et subversif, le roman devrait en revanche plaire à ceux qui le prendront pour ce qu’il est : une fable humaniste gentiment fofolle, qui ne se prend guère au sérieux et se lit rapidement. David Duchovny, qui possède un diplôme en littérature de la prestigieuse université Princeton (il a aussi commencé un doctorat à Yale, qu’il n’a jamais achevé), ne s’embarrasse pas de « vraisemblance » et son style manque parfois un peu de finesse, mais l’enthousiasme qu’il a mis dans ce premier roman est suffisamment communicatif pour que ce dernier constitue une lecture agréable. Un roman vachement détente.

en collaboration avec...

P.O.L.

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