Petit pays, Gael Faye

C’est le roi incontesté de cette rentrée : Gaël Faye a ouvert le bal des prix d’automne en raflant, avec son premier roman, Petit Pays, le prix des lecteurs de la FNAC le 1er septembre dernier. (Grasset)



Extrait. « J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »


Un coup de coeur ?


Il a donné le là à la saison littéraire dès sa publication, il est sélectionné dans les plus prestigieux prix littéraires, il est le coup de cœur de l’ensemble de la critique depuis sa parution — Gaël Faye a quitté la musique le temps d’une rentrée, et ça lui réussit plutôt bien. Dans Petit pays, ce roman qui est sur toutes les lèvres, il nous embarque dans la perte de l’innocence, dans la guerre de 1993, dans le génocide et dans l’insouciance qui se heurte à la laideur du réel. Dans ce voyage temporel qui traverses les cultures et les continents, Gaël Faye dresse un roman noir, âpre, lancinant d’intensité et de désillusions.


De Paris au Bugundy


« Je vis et travaille en région parisienne. Saint-Quentin en Yvelines. RER C. C’est chaque fois la même chose, le jour de mon anniversaire, une lourde mélancolie s’abat sur moi comme une pluie tropicale quand je repense à Papa, Maman, les copains, et cette fête d’éternité autour du crocodile éventré au fond du jardin … ». Pour comprendre la mélancolie, Gabriel se replonge dans le « temps d’avant ». Burundi, 1992. Gabriel, que tout le monde appelle Gaby, a dix ans. Il vit à Bujumbura, au Burundi, avec sa famille : son père, un entrepreneur français, sa mère, rwandaise, qui a fui son pays après les massacres de 1963, et sa petite sœur Ana. Gamin insouciant d’un quartier aisé de la capitale burundaise, il voit la guerre s’instiller d’abord au travers de sa famille, par des disputes incessantes au sein du noyau familial qui se distord en divorce, puis dans sa ville, dans son pays qui part en lambeaux pendant la guerre civile.


Petit pays nous plonge dans le quotidien insouciant de Gabriel, dans son petit bonheur au fil de ses pérégrinations qui vrille subitement dans une guerre sanglante qui décimera le pays entre 1993 et 2005. « La mort n’était plus une chose lointaine et abstraite. Elle avait le visage banal du quotidien. Vivre avec cette lucidité terminait de saccager la part d’enfance en soi ». « Petit pays, c’est l’histoire de la fin de l’innocence, le paradis perdu », explique Gaël Faye : « comment on essaie de se raccrocher à sa naïveté, de ne pas voir le monde qui nous entoure, et de croire ainsi qu’on peut mettre à distance la violence. » Dans ce roman vorace à la prose tantôt chantante, tantôt tranchante, Gaël Faye parvient à donner chair, avec poésie et pudeur, à la patrie perdue de son enfance.

en collaboration avec...

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