Ravie - Sylvie Ohayon

« Je me souviens des colères subites lancées comme des balles contre mon mari, mes enfants, les collègues. Je disais des choses atroces et, le jour d’après, je regrettais mes mots à m’en griffer les lèvres. Le dragon redevenait agneau jusqu’à la fois suivante. J’envoyais des cadeaux et des missives remplies d’amour, seaux d’excuses éphémères. Ça m’épuisait, ça ternissait mes yeux, je me détestais de ne pas savoir contrôler mes humeurs. […]


Steven a cette honnêteté de me traiter en esclave, de mettre du cœur à l’ouvrage quand il entre en moi, il ne joue pas la comédie de l’amour, iil n’a pas de temps pour ça, il n’est pas compétent pour mimer le jeu des grandes mascarades urbaines, celles qui vous poussent à vous inscrire sur des sites de rencontres où l’on vous fait croire que vous mettez un homme dans un chariot alors qu’en réalité c’est lui qui vous consomme. Evidemment, je suis lucide. Evidemment, j’ai joué cette partition-là, et c’est comme ça, à force de trop ravaler sa rage, de subir ces comportements minables, qu’un jour votre mari, le père de vos enfants, décide de ne plus jamais vous parler et remplace votre nom dans son répertoire téléphonique par le mot ‘sorcière’. »


Raphaëlle « avec deux ailes » est une bourgeoise parisienne détestable, revenue de tout et parvenue à rien. Immature, infidèle, intolérante, hautaine, arrogante, superficielle, élevée à l’argent, Raphaëlle traîne son immense carence affective dans les quartiers chics de Paris, et cache, derrière d’ostentatoires carats, sa béance et sa vacuité.


Dans sa descente aux enfers, elle entraîne ses enfants mais pas son mari, qui se rapproche de sa secrétaire, l’ingénue Cindy, qui a « l’enthousiasme de ceux que la vie n’a pas épargnés ». Appréhendée comme une fille simple, celle-ci dévoile son instabilité dans les pires moments, presque plus effrayante que Raphaëlle.


Ce duel infernal de ces deux femmes scindées autant que réunies par le mari volage, vacille lorsque Steven s’immisce entre elles, visage d’ange et passé sombre, insoumis et libre, vorace et violent.


Dans un style brillamment cru et poétique, Sylvie Ohayon s’embarque dans une histoire rocambolesque aux multiples rebondissements qui nous perdent dans une surenchère de lourdeurs. Néanmoins, si l’enchaînement abracadabrant de péripéties ne nous convainc guère et même étouffe la lecture, le roman tire toute sa puissance du style si efficace de Sylvie Ohayon qui entremêle à merveille l’horreur à de courts éclats de bonheur, un bonheur qui transparaît en filigrane, pudique et rédempteur, sublimé par une écriture qui rend à sa vulgarité le lyrisme d’une vie titubant au bord du gouffre. Difficile à lire et encore plus difficile à lâcher : un roman-challenge, s’il en est. (Fayard)


« — Je crois que je t’aime.  — Hum … C’est pas grave. »

en collaboration avec...

P.O.L.

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