Par les écrans du monde - Fanny Taillandier

Par les écrans du monde nous offre trois regards croisés sur le 11 septembre. Un roman puissant et délicat sur la fascination qu'exercent les catastrophes, le tsunami médiatique qu'elles génèrent, et le rapport de chacun à la tragédie.

New York, 11 septembre 2001


Le 11 septembre de Fanny Taillandier, il commence par les petits rien du quotidien. Un père qui appelle ses enfants, et lâche, sur leur messagerie vocale, un "Je vais bientôt mourir", minuscule et dépouillé. Puis raccroche. C'est Lucy, à peine 20ans, petit génie des maths qui a son bureau en haut de la Tour Nord du World Trade Center, qui l'écoute encore au lit, enchevêtrée dans ses draps, aux côtés de Fred qui dort encore. C'est William, son frère, son frère, un vétéran de l’US Air force qui dirige la sécurité de l'aéroport de Boston e surveille le ciel ce jour-là. Et dans ce ciel, justement, Mohammed Atta, jeune architecture égyptien, prend les commandes d'un 747 et le conduit tout droit dans le totem new-yorkais, égérie américaine et symbole mondial.


Le 11 septembre de Fanny Taillandier, ce n'est pas une tragédie en deux actes - d'abord tout allait bien, et puis rien n'allait plus. C'est un roman où trois destins s'entrecroisent, trois vies, trois personnages complètement opposés, chacun projeté au coeur d'un évènement sans précédent, bouche bée devant la violence des images surréalistes qui habitent tous les écrans.


"L’alliance de la technologie et du réseau mondial a rendu les catastrophes extrêmement photogéniques."


"Cela arrive deux fois. Les moteurs du Boeing explosent sous le choc ; les 35 000 litres de kérosène sont pulvérisés à l'air libre et s'embrasent. La fumée noircit ; les yeux s'aveuglent ; les poumons s'enflamment. Nous sommes le 11 septembre 2001. Le XXIè siècle ne fait que commencer."


Dès la première page, Par les écrans du monde est un coup de poing. Dur, puissant, sobre mais d'une violence inouïe. Ce n'est pas un roman émouvant, Fanny Taillandier a la bonté de nous éviter des litres de pathos. C'est un roman qui fait mal. Un roman d'une intensité rare, qui déplace la perspective dans tous les angles de la tragédie. Dans les pas de Lucy qui rampe, prise dans les décombres durant presque tout le récit. Dans les mains tremblantes de William, hébété par le choc, que l'on pousse à prendre la parole devant les médias. Dans la tête de Mohammed Atta, leader de ce commando tristement célèbre enrolé par les discours de Ben Laden.


C'est un roman sans filtre ni paquet cadeau - un roman brut et soudain qui jongle habilement avec 3 personnages, représentant chacun un point de vue. La tension ne se ménage pas au fil de ces 200 pages fascinantes où l'auteur analyse la présence et l'importance surdosée des médias, mais aussi - et surtout - celle de ces images marquantes qui ont fait, et font encore, le tour du monde. Des images que chacun s'approprie, jusqu'à la lie ? Et qui montrent, bien malgré elle, « soudain, l’apothéose de la modernité qui s’autodétruit » .


Tu peux feuilleter les premières pages du roman juste ici !


en collaboration avec...

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