Rupture(s), Claire Marin

« On aimerait que la rupture soit une coupure franche. Bien droite et nette, d’un seul coup, comme le sabre qui décapite. On aimerait

que les choses soient simples, que la vie affective se décline sur un mode binaire, comme en mathématiques. Mais la rupture est une déchirure.”



Autopsie d’une rupture


Il faut que je vous avoue quelque chose, de vous à moi.

J’ai une fascination pour les ruptures, et en particulier pour les ruptures amoureuses. Pas les miennes évidemment -enfin, si, a posteriori, quand elles ont fini de me tordre les tripes. Mais j’aime surtout celles des autres, celles des romans et des films, celles des copains ou de la famille, j’aime voir ces aspérités de la vie arriver à quelqu’un pour voir ce qu’il en fait, comme un petit personnage de fiction. J’aime voir les existences lisses et cette image de perfection soigneusement travaillée se fissurer quand il ou elle le trompe, quand, soudain, Il y a autre chose que des sourires et des niaiseries. C’est sûrement mon amour du romanesque, ou un mécanisme très cathartique que de préférer le vivre à distance, en bonne observatrice, pour que ça ne m’arrive pas à moi.


Du coup, quand j’ai croisé la route de cet essai centré sur les ruptures, je me suis dit qu’il était forcément pour moi.


Essai philosophique


Ici, Claire Marin analyse le mécanisme de la rupture, dans le sens où toute évolution constitue une rupture avec ce qui précédait.

C’est un essai ultra intéressant, court et dense, qui interroge les ruptures de la vie, de celles que l’on subit à celles que l’on impulse, de celles qui tiennent à l’amour, à la famille, à la naissance ou au décès, ou tout simplement notre évolution naturelle qui nous pousse à changer en permanence.


C’est moins con-con qu’un guide de développement personnel du genre ”aime-toi toi-même” ou ”prend la vie du bon côté”, mais c’est aussi plus accessible qu’un Hegel ou qu’un Descartes.


De la philosophie accessible ?


Si je l’ai trouvé très bon dans sa façon de désarticuler la complexité de l’expression émotionnelle et du sentiment, dans sa façon d’appréhender la rupture non pas comme un évènements subi mais comme une perspective de nouveauté, un peu à la manière de ”l’échec est la première étape de la réussite”, je partage aussi l’avis d’@EstelleReads : le propos reste superficiel, et c’est dommage. Certainement parce qu’il aborde un paquet de thèmes sur 150 petites pages et qu’il propose une bibliographie à rallonge pour creuser chacun d’eux.

Néanmoins, j’aurais aimé qu’on se passe des quelques lapalissades pour fouiller un peu plus l’analyse émotionnelle - avec une dimension peut-être moins philo que psychologique, voire sociologique.


En revanche, c’est un bon ouvrage pour ”commencer”, me semble-t-il, pour amorcer la réflexion sous un angle généraliste qui permet de s’identifier facilement aux sujets abordés et de réfléchir à ses propres actions et ses propres perspectives sans moralisation à la clé.

en collaboration avec...

P.O.L.

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