Sans eux, Caroline Fauchon

« Elles sont grandes, plus grandes qu’avant, certaines portent des cheveux courts, d’autres des pantalons, elles boivent, fument, parlent de tous les sujets. Quel homme de la première moitié du XXe siècle pourrait croire de loin ou même de près que toutes ces personnes sont des femmes ? Il s’offusquerait de penser qu’une femme puisse se comporter ainsi et la classerait immédiatement dans la catégorie des hommes. Il ne prendrait même pas le temps d’étudier cette personne qui se présenterait devant lui, sûr de ses certitudes. Nous avons recréé une diversité viable dans nos allures, la transition est douce et sans heurt, l’espace public n’est pas troublé. »



Sans eux : le pitch

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Et si les hommes disparaissent subitement de l’espace public ? Acculés par la société à l’ère post « me too », ils commencent par rester cloitrés, perdent ce qui faisaient leur masculinité, désertent progressivement les rues, les magasins, les entreprises. Un phénomène d’autant moins inquiétant qu’il laisse aux femmes la place de s’épanouir - de mettre des jupes courtes, de sortir tard, seules, d’emprunter dans des chemins de traverse en dépit des avertissements qu’elles avaient intériorisés car entendus depuis leur plus jeune âge.

Utopie, ou cauchemar ?


Un roman déstabilisant

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Sans eux est un roman déstabilisant, entre la science-fiction et la réalité, entre le féminisme et l’oppression. Un roman qui m’a poussée à me questionner de longues semaines, sans jamais réussir à trancher mon avis.


D’un côté, c’est un bon roman parce qu’il pousse à la réflexion, parce qu’il reste pondéré malgré son extrémisme, grâce à une double vision : celle de la mère, qui a vécu l’avant « me too », celle de la jeune femme qui n’a vécu que dans l’après.

De l’autre, c’est un roman problématique parce qu’il renvoie une image trop extrême de ce vers quoi l’on pourrait bien tendre… mais en promettant un résultat que l’on espère néanmoins.


Faut-il vraiment que les hommes quittent l’espace public pour que les femmes puissent s’y sentir à nouveau bien, c’est-à-dire pour que tout sentiment d’inquiétude lié à leur insécurité les quitte définitivement ?

En tant que féministe, cet idéal est évidemment ce à quoi j’aspire : pouvoir me balader dans Paris, un soir de juillet à minuit, avec une mini-jupe, et ne pas avoir peur, ne pas tirer sur ma jupe, ne pas me retourner tous les 2 mètres parce que j’ai entendu un bruit, ne pas courir jusqu’à la porte de mon immeuble. Mais en tant que féministe, je déteste que ce résultat ne soit présenté qu’à la condition sine qua non de la disparition des hommes dans l’espace public - je déteste que pour ne plus se sentir oppressées, il faudrait que nous oppressions à notre tour.


Découvre les premières pages de ce roman juste en-dessous !



en collaboration avec...

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