Tropique de la violence - Nathacha Appanah

On en parle déjà beaucoup depuis le début de la rentrée littéraire mi-août : Tropique de la violence est nommé dans les sélections de nombreux prix, parmi d’autres titres qui reviennent souvent (Mauvignier, Reza, Cusset). Écueil d’une société qui a érigé l’ultraviolence en religion, Tropique de la violence égrène une jeunesse livrée à elle-même à Mayotte, sauvage, au bord du chaos et du K.O. Bienvenue dans l’enfer du quotidien — Nathacha Appanah va vous faire relativiser vos galères de RER. (Gallimard)



« Ne t’endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n’est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c’est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu’à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré ? Ils viennent pour toi. »


Nathacha Appanah réécrit l'histoire des religions


Au commencement était Moïse — il a un œil noir et un œil vert, ça porte malheur, sa mère l’abandonne à Marie, infirmière trentenaire — ça tombe bien, elle voulait un enfant. Il est noir, il pense très vite comme un blanc. Et puis Marie meurt, et Moïse, ado rebel with(out) a cause voit son besoin de comprendre son passé et ses origines enfler en même temps que ses accès dissidents. Il quitte le nid douillet pour tenter de comprendre d’où il vient et se met à fréquenter un gang de jeunes violents et drogués. Tombé aux mains de Bruce, chef autoproclamé du quartier le plus défavorisé de la ville, surnommé « Gaza », Moïse devient lui-même un enfant des rues et fait l’expérience de la violence la plus crue. Ramené à son statut de noir élevé par une blanche, de privilégié, envié, désiré, brutalisé, l’adolescent de 15 ans perd ses repères.


A Mayotte, Peter Pan tourne mal


Dans ce roman monté à l’envers, Nathacha Appanah ôte tout suspense dès l’incipit qui ancre d’emblée Tropique de la violence dans le tragique. Il est moins question du quoi que du pourquoi et du comment dans ce tourbillon dont l’issue inéluctable invite à la retenue, entre corruption politique, contradictions intrinsèques aux personnages, un espèce de paradis perdu sublimé par une onomastique symbolique, entre Gaza, Moïse, Marie et les Djinns, ultra évocatrice mais pas fidèlement calquée sur le réel, un roman sans bourreau ni victime clairement identifié, en marge de moralisation qui portraie une île aux enfants meurtrie où la violence est religion. A Mayotte, Peter Pan tourne mal, et le Paradis Perdu vrille.

en collaboration avec...

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