Un mardi soir à New York - Molly Prentiss


Un artiste, un critique d'art et une galeriste dans un New York vintage à l'atmosphère Woody Allen : voilà le programme délicieux d'Un mardi soir à New York. Trois destins qui se croisent dans les soirées mondaines des années 90, entre le "sexe, drogues & rock'n'roll" à la Jay McInerney et la féérie d'un Gatsby.



Sur les traces de Gatsby


New York, début des 80's. Dans l'atmosphère feutrée des soirées mondaines, les artistes cottoient les galeristes huppés avec lesquels il faut être vu, les expos avant-gardistes se multiplient, le marché de l'art prend de la valeur. Parmi ce beau monde, James Bennett, critique le plus en vogue du moment. S'il a dû surmonter ses démons pour se hisser au sommet de son art, son interprétation iconoclaste des peintures lui a offert sa propre colonne dans le Times, et tout l'aura qui va avec. Jusqu'à ce qu'il rencontre Raul.


Peintre argentin en exil pour briguer son American dream, Raul s'affame pour payer son matériel et peint le jour d'immenses toiles mettant en scène les spectres qu'il croise le long de ses pérégrinations nocturnes. Lorsqu'il attire l'attention de James, l'ascension est fulgurante : la machine à broyer l'emporte dans un tourbillon de soirées mondaines, de bourgeoiseries, de drogues et de happenings. Alors que la scène de l'art tout entière lui tend les bras, il rencontre Lucy, tout juste échappée de sa bourgade pour conquérir New York avec une coloc spéciale, un job de barmaid et des rêves pleins la tête. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant où la chute est rude, et le voyage, délicieux.


Smells like teen spirit


Un mardi soir à New York a cette atmosphère un peu désuète d'un New York qui n'existe plus. On y verrait presque les premiers pas d'une Carrie Bradshaw dans les années 80, les mondanités d'un Gatsby ou même d'un Dorian Gray. C'est un roman qui sent le vintage, qui dépeint le monde d'avant, celui des cercles d'art, des affichages sauvages, où la révolution avait encore quelque chose de poétique. C'est une ode subtile à la nostalgie qui puise ses références dans un âge d'or de l'art qu'on prend plaisir à revivre, comme une immersion aux balbutiements des oeuvres fortes et engagées.


Mais on est loin, très loin du style ampoulé des grands romans qui explorent l'écosystème de l'art. Chez Molly Prentiss, l'art est rock'n'roll. Raul brille par ses oeuvres engagés qui sentent la peinture fraîche et les copeaux sous les ongles ; James, par son esprit atypique, ses couleurs, sa vision. Mais c'est Lucy, le personnage de la muse ultra romantique et aventurière, qui donne tout son relief au récit. Si elle a parfois de quoi faire sourire tellement le cliché est éculé, elle n'en reste pas moins savoureuse pour autant, tiraillée entre deux personnages forts et tempétueux entre lesquels elle navigue sans se perdre avec la délicatesse d'une jeune femme et la puissance de ses émotions.


Un roman addictif et mélancolique qui est définitivement un de mes coups de coeur 2018.


Tu peux découvrir les premières pages de ce roman juste ici !



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