Un si long chemin jusqu’à moi, Fabienne Périneau

Fabienne Périneau signe un roman psychologique subtil et extrême sur l’amour, sur l’absence, et sur cette formidable capacité à se noyer dans l’autre, mais à ne jamais vraiment oublier de devoir être soi. Coup de cœur borderline, entre un girl power révolté et l’incertitude du courage. (Denoel)



Polar psychologique


Tout commence à Roissy, ce fameux jour de 2010 où un volcan islandais au nom imprononçable, l’Eyjafjöll, se réveille brusquement, interdisant tout trafic aérien. Ce jour-là, Arielle, restauratrice de tableaux, devait s’envoler pour le Japon. Elle vit depuis des années sous la coupe de son mari, un obstétricien de renom qui l’a isolée de ses amis, de son travail, qu’il l’a poussée à quitter, et de sa personnalité, qu’il éloigne à coups de somnifères destinés à lui redonner le goût de vivre après la mort récente de son frère jumeau. Dans le chaos de l’aéroport et de sa vie, un homme séduisant propose de la ramener à Paris.


Là où s'arrête l'amour


Ce roman n’est pas une histoire d’amour — c’est une histoire de manipulation, d’amour de soi, et de liberté. On aurait vraiment pu y croire pourtant : une demoiselle en détresse, un vilain dragon et un prince charmant qui débarque sur son caddie à bagages blanc. Un si long chemin jusqu’à moi n’est pas une histoire à l’eau de rose — il n’y a rien de tendre dans la douleur et le mensonge, dans la trahison, dans la torture psychologique, il n’y a rien de tendre chez le mari d’Arielle, un homme odieux que la pédanterie n’étouffe étonnamment pas, mais qui sature les pages de ce roman, il n’y a rien de tendre chez son amant, séducteur invétéré qui brise ses murs un à un pour s’enfuir à l’instant même où elle s’abandonne vraiment — il n’y a rien de tendre dans cette femme aussi molle qu’une poupée de chiffon, qui se laisse molester d’homme en homme, abattue par le chagrin, qui s’inonde de pilules malgré elle — qui ne réagit pas.


Un si long chemin jusqu’à moi c’est un roman tordu et tortueux, psychologiquement lancinant, jubilatoire et machiavélique, un roman qui nous fait grincer des dents, l’un de ceux dont les personnages nous parlent, et dont on parle aux personnages, tant l’évidence nous frappe mais leur échappe — logiquement. C’est aussi un roman très contemporain sur ce qu’on ne voit pas, sur la propension des autres à mieux cerner ce qui nous arrive, sur le déni et l’auto-mensonge. Enfin, c’est un roman frappant sur l’amour du XXIème siècle, celui incompris et multiple, celui qui papillonne souvent mais ne se pose jamais, celui qui se cache derrière son confort ou derrière ses prétextes pour échapper à la vérité. Dans ce premier roman remarquable, Fabienne Périneau écorne l’image d’une femme qui se complaît à se laisser détruire — et qui choisit de survivre.

en collaboration avec...

P.O.L.

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