Vox, Christina Dalcher

« En tant que femmes, nous devons garder le silence et être obéissantes. Si nous devons apprendre, demandons à nos mari dans l’intimité de nos foyers, car il est honteux qu’une femme pose une question sur la domination masculine ordonnée par Dieu. Lorsque nous obéissons à la domination masculine avec soumission et humilité, nous prenons conscience que le chef de tout homme est le Christ et que le chef de la femme est l’homme. Pour chaque femme, qu’elle soit mariée ou célibataire, Dieu lui ordonne de se parer de sobriété et de contrition, d’exhiber sa modestie et sa féminité sans afficher ni fierté ni sophistication. Je vais m’appliquer à me parer intérieurement, à être pure, modeste, soumise. De cette manière, je vais glorifier l’homme, et par là-même, glorifier Dieu. »



100 mots par jour - pas un de plus


On dirait un discours d’un autre temps - il est en réalité celui d’une autre réalité. Celle de Jean McClellan, docteur en linguistique américaine avec quatre beaux enfants, un mari haut-placé, une tête bien faite mais pas plus de 100 mots à prononcer par jour. Chaque nuit, le compteur de mots accroché à son poignet se remet à zéro, et l’éloigne de l’électrocution que lui vaudrait une loghorrée. Car dans cette réalité parallèle instaurée par un Révérend extrémiste, les femmes n’ont pas besoin de parler : il leur suffit de cuisiner, jardiner, coudre et obéir à leur tuteur - père, frère ou mari.


N’allez pas croire que cette politique barbare et féminicide ne s’applique que dans des cultures éloignées : on est ici aux États-Unis, et en un an au pouvoir, le gouvernement a instauré un ordre de pureté à coups de chiffres qui font mal aux ventre et de puritanisme mal placé qui retourne l’estomac.


La jeune Julia, 17 ans, dénoncée par son amoureux après une nuit d’amour en dehors du mariage, est arrachée à sa famille, tondue en place publique et humiliée à la télévision d’État avant d’être envoyée dans un camp de travail - un goulag moderne regroupant les déviants, les homosexuels ou les femmes célibataires et sans famille qui ont pu choisir entre le travail forcé ou la prostitution.


Bienvenue dans une dystopie un peu trop vraisemblable.


Un roman sur l’oppression des femmes


À toutes celles qui ont pensé un jour que nos droits étaient acquis, que l’avortement n’était pas révocable, que la religion ne dicterai jamais plus nos États ou tout simplement qu’elles étaient et resteraient libres, que leur liberté de femme ne serait jamais menacée comme elle l’avait été auparavant - que jamais plus nous ne devrions avoir l’autorisation de notre mari ou de notre père pour conduire, pour travailler, pour ouvrir un compte en banque... Vox est notre roman, celui qui nous rappelle à quel point l’équilibre que nous connaissons - que nous avons toujours connu - est fragile, à quel point tout peut être très vite remis en question.


Vox, c’est l’histoire d’une génération qui a toujours joui de ses droits dans avoir à se battre pour les acquérir. C’est une réalité qui nous pend au nez, quelque part sur la planète - une réalité qui pourrait commencer par la décision de l’Ohio, il y a quelques semaines, de bannir l’avortement dès qu’un battement de cœur du bébé peut être détecté - autrement dit avant que bien des femmes sachent qu’elles sont enceintes.


C’est un roman cauchemardesque et retentissant sur un retour du puritanisme qui, sous couvert de rassurer et sécuriser les populations, déshumanise, oppresse, détruit - les femmes et les fillettes en première ligne, bien sûr, à coup de compteur de mots ou de détecteur d’impolitesse. Le genre à te faire réfléchir très fort au monde dans lequel tu vis.

en collaboration avec...

P.O.L.

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